L’axe des pôles et la sushumna

L’axe des pôles et la sushumna

Analogie entre le globe terrestre et le corps subtil

Le principe d’analogie entre microcosme et macrocosme est l’un des fondements du hatha yoga. Au-delà des associations classiques entre l’individu et l’univers, est-il possible d’associer la sushumna avec l’axe des pôles et les chakras avec les différents parallèles de notre globe ?

Hatha yoga : analogies entre microcosme et macrocosme

La démarche du hatha yoga traditionnel est fondée sur la vision de l’identité de l’univers ou macrocosme et de l’individu ou microcosme. La pleine réalisation de cette identité n’est autre que l’éveil qu’on l’appelle samadhi, nirvana, satori ou autre. Cependant, tant que l’individu s’expérimente encore de façon grossière, subtile ou très subtile, comme une entité séparée du reste de l’univers, la présentation microcosme/macrocosme reste pertinente. Dans cette polarité entre le petit et le grand, il existe toute une série d’analogies qui vont permettre progressivement et parfois subitement au yogi de prendre conscience et de réaliser qu’il n’est autre que le tout. Une clef de compréhension de cette réalité réside dans la fameuse formule A HAM MAHA que l’on pourrait traduire « je suis le tout ». Cette formule, qui peut être répétée comme un mantra, contemplée ou méditée de façon plus discursive, porte en elle-même la double identité « je suis l’univers » et « l’univers est moi ». A HAM signifie en sanskrit « je suis » (très proche de l’anglais I am), et MAHA signifie à la fois « grand » et « la totalité ». Il suffit de les lire dans un sens puis dans l’autre pour commencer à percevoir de façon plus directe cette identité, mais c’est en entrant dans la pratique qu’elle se dévoilera bien davantage.

La représentation du corps énergétique

L’analogie la plus présente dans le hatha yoga est évidemment la polarité lune-soleil qui est même à l’origine du terme hatha yoga. Une autre analogie classique est la référence aux cinq éléments qui constituent à la fois l’univers tangible et l’individu concret. Ces cinq éléments sont associés aux cinq premiers chakra : la terre (prithvi) dans le chakra racine (muladhara), l’eau (ap ou jala) dans le chakra du pubis (svadhisthana), le feu (agni ou tejas) dans le chakra du ventre (manipura), l’air (vayu) dans le chakra du cœur (anahata), l’espace ou l’éther (akasha) dans le chakra de la gorge (vishuddha). À ces cinq éléments grossiers, on rajoute souvent la lumière ou la conscience dans le front (ajna chakra) et la vacuité ou l’absolu dans le chakra coronal (sahashrara). Ces sept chakras principaux figurent dans toutes les représentations classiques du corps subtil, où l’on voit en général un yogi avec les trois principales nadi (ida, pingala et sushumna) et les sept chakras évoqués ci-dessus. Dans ces gravures, les chakras sont représentés parfois en tant que tels, c’est à dire en forme de roue, mais le plus souvent, ils sont figurés comme des lotus (padma1). Dans ces représentations, les lotus ou les roues sont représentés par commodité de façon verticale (voir figure 1), mais il est dit qu’en réalité ces centres d’énergie sont davantage à l’horizontal, les différentes roues étant traversées au centre par l’axe de la sushumna. Pour tourner, une roue doit nécessairement le faire autour d’un axe. Si cet axe est le même pour toutes, c’est à travers celui-ci que l’on pourra les relier et les harmoniser. Dans beaucoup de pratiques de pranayama et de concentration, les roues sont visualisées et ressenties à l’horizontal.

la sushumna, les nadi et les chakrasfigure 1

Les chakras dans le dvada shanta

Pourtant, il convient de bien préciser que la réalité des chakras se situe au plan énergétique et non au plan physique et qu’en conséquence, toutes les représentations qui en sont faites pour les illustrer ne peuvent être que symboliques, et les correspondances entre le plan physique et le plan énergétique qu’approximatives. Si l’on a coutume de présenter toutes les roues de la même taille, il est une autre représentation intéressante, celle du Dvada Shanta, qui ressemble un peu à une cible, avec sept cercles concentriques (voir figure 2), le petit au centre figurant muladhara chakra et le plus grand cercle à l’extérieur symbolisant le sahashrara. On peut également assimiler cette figure aux sept planètes visibles à l’oeil nu dans le ciel, le point central figurant le soleil et les cercles concentriques les orbites des différentes planètes qui se meuvent toutes à peu près dans le même plan2. D’un point de vue astronomique on peut les classer ainsi : Soleil, Mercure, Vénus, Lune, Mars, Jupiter et Saturne3. Cependant, il ne faut pas en conclure que l’on doit associer les planètes aux chakras dans cet ordre, il y a plusieurs façon de les associer qui obéissent à des logiques différentes. Le Dvada Shanta yantra qui est utilisé tant pour la concentration (dharana) que pour yoga nidra, permet de donner une autre vision des centres d’énergie. Il suffit de fixer un moment le centre de la figure pour avoir une sensation de profondeur et l’impression d’une spirale ascendante. Cela met bien en évidence le processus ascensionnel de l’énergie et le fait que chaque centre permet d’accéder à une dimension plus vaste et plus ouverte. Le dernier cercle figure la totalité qui est habituellement représentée par un lotus à mille pétales. Cette représentation spiralée apparaît plus dynamique que la vision linéaire habituelle représentée dans la figure 1. Il s’agit de deux points de vue différents qui demeurent de toute façon de l’ordre du symbole.

Autres associations possibles avec les chakras

Outre les éléments (bhuta), présentés plus haut, il existe d’autres aspects qui sont associés traditionnellement aux cinq premiers chakras, en particulier les cinq sens, les cinq organes de perception (jnanendriya) et les cinq organes d’action (karmendriya4). Si l’on se réfère aux sept chakras habituels, il existe de nombreuses correspondances avec différents aspects de la manifestation : bija, mantras, yantra, couleurs, shakti, divinités, animaux, minéraux, planètes, notes de musique, etc. Bien sûr, ces associations sont davantage analogiques que logiques ce qui explique les différences que l’on peut trouver suivant les présentations, chacune étant basée sur des aspects symboliques différents mais non contradictoires. Si les sept planètes de l’astrologie traditionnelle sont couramment associées aux sept chakras principaux, il n’y a guère dans la littérature yogique de référence à notre planète Terre en relation avec le corps énergétique5.

La sushumna et l’axe des pôles

Pourtant si l’on aborde notre planète dans une perspective à la fois géographique et astronomique, il paraît assez évident d’associer l’axe des pôles avec l’axe de la sushumna. Dans ce contexte, on peut assimiler le pôle sud terrestre au muladhara chakra et le pôle nord terrestre au sahashrara chakra6. En effet, on a coutume de représenter le globe terrestre avec le pôle nord en haut et le pôle sud en bas, ce qui ne se justifie pas d’un point de vue purement astronomique car il n’y a pas de haut et de bas dans un espace illimité. Cela se conçoit davantage d’un point de vue géographique dans la mesure où il y a une masse magnétique au Nord qui attire l’aiguille de la boussole.

On peut également observer que la majorité des continents (et en conséquence de l’humanité) se situe dans l’hémisphère nord. Si l’on prolonge l’axe des pôles dans l’espace, cela indique le pôle nord céleste et le pôle sud céleste. Il est intéressant de noter que le premier correspond à une présence, l’étoile polaire (alpha de la petite ours), tandis que le second correspond à une absence, une zone obscure dans le ciel7. On assimile parfois les deux extrémités de la sushumna à deux portes : la porte du bas étant situé au niveau du chakra racine (muladhara) et la porte du haut correspondant à la fontanelle ou orifice de Brahma (Brahmarandra). Ces deux points qui sont considérés comme le plus bas et le plus haut niveau de conscience de l’individu sont d’une certaine façon figés. Cela est exprimé dans la base avec le symbole du cobra engourdi dans son sommeil, représentant l’énergie latente de kundalini. Au niveau du Brahmarandra, le processus de figement est plus physique que symbolique : en effet, l’orifice encore présent chez le nourrisson se referme bientôt au niveau de la fontanelle. Les pratiques du yoga doivent amener un réchauffement de ces deux zones. Dans le yoga tantrique indien, on met l’accent sur l’activation de l’énergie dans le chakra racine. Dans le yoga tibétain, on parle parfois d’une petite brèche qui peut s’ouvrir au niveau du Brahmarandra, avec éventuellement l’apparition d’une petite goutte (tiglé) à cet endroit. Ce processus est décrit en particulier dans l’un des six yogas de Naropa : powa, « l’éjection de la conscience ».

Les jeux du plein et du vide dans la sushumna

Pour revenir au globe terrestre, on constate que les deux pôles sont figés de la même manière sous une épaisse couche de glace. Cependant, dans la zone antarctique, on trouve un continent sous la banquise, alors que dans la zone arctique, il n’y a que l’océan. Ainsi, dans la direction du Sud, au vide céleste correspond un plein terrestre, tandis que dans la direction du nord, au plein céleste correspond un vide terrestre. Bien sûr ces notions de vide et de plein sont relatives, mais il est intéressant de noter ce jeu entre l’absence et la présence qui se révèle dans la contemplation de l’axe des pôles. Les yogis qui ont l’habitude de pratiquer des souffles dans l’axe de la sushumna et de jouer avec le vide et le plein dans les kumbhaka qui s’inversent au gré de la pratique, n’auront pas de mal à sentir un écho entre le canal médian et l’axe des pôles. Le muladhara chakra contient la terre, état de la matière arrivée au maximum de densité, qui correspond à la zone où la conscience est la moins présente. À l’inverse, le Brahmarandra, au nirvana chakra, est caractérisé par le vide, où la conscience est omniprésente, dans la mesure où elle s’est affranchie de la dualité qui l’enferme et la limite. Certaines visions simplistes ou manichéistes présentent le muladhara comme la porte des Enfers et le Brahmarandra comme la porte du Paradis8. Dans la démarche du yoga, la présentation est beaucoup plus nuancée, moins tranchée. Il y a effectivement un sens pour la libération qui est le sens de la montée de l’énergie. L’éveil de celle-ci peut survenir à n’importe quel niveau de la sushumna, mais le yoga tantrique, qui ne renie aucune partie de l’individu et soutient que ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, insiste sur l’activation de la kundalini dans le muladhara chakra, même si à d’autres stades, l’éveil de l’énergie et donc de la conscience peut s’opérer dans le cœur ou dans le front. On peut également remarquer que les pôles sont des zones très particulières en relation à la lumière. En effet, alors que celle-ci alterne de façon progressive dans le reste du globe, dans ces zones-là l’alternance est beaucoup plus marquée dans la mesure où il y a six mois de jour, six mois de nuit. Lorsque le pôle nord est dans la lumière, le pôle sud est dans l’obscurité et vice versa. Cela renforce l’analogie notée plus haut concernant le plein et le vide qui s’inversent au niveau des pôles terrestres et célestes.

Dvadashantafigure 2

Correspondances possibles entre les parallèles et les chakras

Outre les deux pôles, il existe sur le globe terrestre cinq parallèles qui ont une importance particulière d’un point de vue géographique et astronomique. Il s’agit des cercles polaires, des tropiques et de l’équateur. Si l’on fait correspondre les pôles au muladhara et au sahashrara, il est logique d’associer le cercle polaire antarctique à svadhisthana, le tropique du capricorne à manipura, l’équateur à anahata, le tropique du cancer à vishuddha et le cercle polaire arctique à ajna chakra. On peut noter que l’équateur qui partage le globe en deux parties égales, que certains considèrent comme un troisième pôle diffus, correspond au cœur, qui est considéré comme le centre de l’individu. L’équateur recèle en lui à la fois le plus intérieur et le plus extérieur : le centre du cercle de l’équateur n’est autre que le centre de la Terre, tandis que sa périphérie est la zone de la plus grande expansion, de la plus grande ouverture. Au niveau de l’individu, on peut en dire autant du cœur énergétique (anahata chakra), qui mène à la fois à la plus grande ouverture au monde, à la plus grande empathie, et  en même temps à la plus grande intériorité. C’est l’image de la grotte au plus profond du lotus du cœur où brille la flamme du jivatman9. Tout comme les chakras sont perçus comme les roues d’énergie dont le centre est l’axe de la sushumna, les parallèles que sont les cercles polaires, les tropiques et l’équateur peuvent être perçus comme des roues d’énergie. En effet, ces cercles n’ont pas été placés de façon arbitraire mais parce qu’ils correspondent à des lignes d’énergie déterminées par une position spécifique de la Terre par rapport au Soleil.

Un mouvement permanent autour de l’axe

Cette course de la planète autour de notre étoile qu’on appelle l’écliptique ressemble elle aussi à une grande roue dont le centre apparent est notre astre qui tourne lui-même autour du centre de la galaxie. Les galaxies tournent aussi autour du centre de l’amas de galaxies dont elles font partie. Les amas de galaxies tournent autour du centre de super amas. À ce jour, on ne connaît rien de plus vers l’infiniment grand, tout comme on ne connaît pas plus petit que les quarks, semble-t-il, du côté de l’infiniment petit. Peu importe où s’arrête notre connaissance des extrêmes, l’important est de savoir et de sentir que tout tourne dans la manifestation. On peut appréhender ce processus de façon physique comme la science moderne. Dans la tradition spirituelle indienne, on dit de façon plus symbolique que nous tournons dans la roue du samsara. Les bouddhistes affirment même que pour s’en libérer, il faut se relier à la roue du dharma. Cet enseignement est présenté comme la voie du milieu (madhyamaka). Pour les yogis, cette voie du milieu est avant tout (madhya marga) l’axe central de la sushumna et les roues qui importent sont celles des chakras qui jalonnent ce canal médian.

Un jeu énergétique entre pôles solaires et pôles lunaires

Un autre aspect intéressant à considérer est la relation que l’on peut établir entre ida et pingala les canaux lunaires et solaires de la structure énergétique, et les parties orientales et occidentales de notre globe. La culture et la spiritualité de l’orient sont marquées par une dominante lunaire, alors que la culture et la spiritualité de l’occident sont marquées par une dominante solaire. Le soleil qui se lève à l’Est est puissant dans son ascension, tandis que le soleil qui se couche à l’Ouest perd de sa force en déclinant. Est-ce dans une sorte de compensation inconsciente que ce sont développées des civilisations à dominante solaire et lunaire en occident et en orient ? Quoiqu’il en soit, ces approches, lunaire en orient, solaire en occident, ne sont pas sans rappeler les canaux latéraux dans le corps subtil. Évidemment, il faut relativiser car il y a des composantes solaires en orient et lunaires en occident mais cela peut évoquer ida et pingala qui serpentent entre la gauche et la droite. Chaque nadi, si elle part d’un côté et arrive du même côté de la sushumna, n’en effectue pas moins quelques boucles de l’autre côté.

maha khumbaka

figure 3

Quelques idées de pratiques

On peut noter de nombreuses analogies entre microcosme et macrocosme, mais si cette observation n’est pas reliée à la pratique, elle demeure superficielle voire vaine. Ainsi, nous terminerons avec quelques pratiques de souffle, en lien avec les aspects évoqués plus haut. Pour équilibrer et harmoniser les canaux solaires et lunaires, il y a bien sûr nadi shodhana (voir l’article dans Infos Yoga n°105, décembre 2015). Pour activer les roues d’énergie on peut effectuer bhastrika dans la posture de la roue (voir article sur Chakrasana dans Infos Yoga n°96). Pour se relier aux chakras dans la vision classique, on peut pratiquer anuloma viloma, le souffle par paliers, où l’on fractionne l’inspiration et l’expiration en s’arrêtant dans chaque chakra, en voyant et en ressentant ses différentes caractéristiques, et en disant son bija. On peut aussi pratiquer anuloma viloma avec la vision du dvada shanta, qui est perçu comme un grand cône inversé avec sept étages reliés aux sept centres. On part à poumons vides du muladhara, on inspire un peu pour s’arrêter dans le pubis en sentant l’énergie qui emplit le petit cône entre le premier et le second cercle, et ainsi de suite jusqu’au septième cercle au-dessus de la tête au niveau du sahashrara. Lors de l’expiration également fractionnée, on sent le grand cône qui se vide progressivement pour arriver à poumons vides dans le petit cercle central qui correspond au muladhara chakra. Cette façon d’associer le corps subtil à un cône inversé rappelle la vision du Mont Méru relié au corps de Vishnu10. Bien sûr, il est possible de visualiser le cône dans l’autre sens. Dans ce cas-là, on peut méditer comme dans une enceinte en ressentant le petit cercle central au niveau du sahashrara et le grand cercle au sol tout autour de nous au niveau du muladhara. Finalement, nous pouvons proposer un bhastrika dans l’axe central, avec OM à l’inspiration et HRIM à l’expiration, en ressentant que notre sushumna n’est autre que l’axe des pôles, et que nous sommes à l’intérieur de la Terre. Après quelques instants de souffle inspir-expir dans le canal médian, faire un arrêt à poumons pleins en demeurant au pôle nord (Brahmarandra), avec le bija OM, puis reprendre le souffle et faire un arrêt à poumons vides dans le pôle sud (muladhara) avec le bija HRIM. Répéter une seconde fois de la sorte, puis une troisième fois. Au troisième arrêt à poumons pleins, le souffle et la conscience ne s’arrêtent pas au pôle, mais continuent à la verticale comme si on les éjectait vers le haut jusqu’à l’étoile polaire où l’on demeure en arrêt, puis on reprend le souffle. Et au troisième arrêt à poumons vides, on fait de même vers le bas, comme si le souffle et la conscience étaient expulsés jusqu’au pôle sud céleste où l’on demeure en arrêt… (voir figure 3 😉 )

 

Notes

 1) Certains font même une différence entre les padma et les chakras en plaçant les premiers sur la face antérieure et les seconds sur la face postérieure.

2)  Ce sont les sept planètes des Anciens utilisées dans l’astrologie traditionnelle.

3)  La Lune qui est un satellite de la Terre se retrouve donc entre Vénus et Mars.

4)  Pour plus d’informations, voir la vision du samkhya, exposée dans le samkhyakarika et la vision tantrique exposée dans Le tantrisme de Pierre Feuga et Le banquet de Shiva de Christian Tikhomiroff.

5)  Un des rares auteurs qui aborde un peu ce sujet est Kerneitz dans le Hatha Vidya.

6) Pour simplifier, nous ne distinguons pas le nirvana chakra qui est au sommet de la tête à la fontanelle, du sahashrara « situé » douze doigts au-dessus de la tête.

7) Pour localiser le pôle sud céleste, où ne demeure aucune étoile brillante, il convient de se repérer sur la Croix du Sud en prolongeant l’axe principal de la croix environ 4,5 fois sa longueur vers le Sud. 

8) Dans cette analogie entre axe des pôles et sushumna, on peut noter que le Sud est associé au bas et donc aux états inférieurs et correspond à l’obscurité dans le ciel, tandis que le Nord est associé aux états supérieurs, vers le haut et correspond à la lumière dans le ciel (l’étoile polaire). 

9) Certains présentent le jivatman comme une âme transmigrante mais il peut aussi être considéré comme le principe incarné en chacun de nous, la partie la plus essentielle, intangible, dans la mesure où elle est un simple reflet du tout. 

10) À ce propos, voir Véronique Bouillier et Gilles Tarabout (dir.), Images du corps dans le monde hindou, Monde Indien Sciences sociales 15e-20e siècle, CNRS Editions, 2003 : « Selon les sources puraniques, le Mont Meru est « la tête en bas », ayant la forme d’un cône inversé dont le sommet plat et les côtés sont respectivement, selon Kloetzli, la projection du Tropique du Cancer céleste et les lignes d’extension qui relient ce Tropique au pôle sud céleste. C’est à ce pôle que se trouve l’oeil de Vishnu, le gros orteil de son pied levé étant au pôle nord céleste ».

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