La posture de l’arbre

La posture de l’arbre

« Depuis les origines les plus lointaines du monde, l’homme s’est identifié à l’arbre et en a fait un symbole de la totalité de son être, le yoga ne sépare l’homme ni de la terre, ni du ciel.
Les dieux sont en lui et dans cet exercice l’homme les réunit symboliquement »

Shri Mahesh

posture de l'arbre

I) Nom sanskrit de la posture de l'arbre : vrikshasana

Vriksa : arbre
Asana : posture
C’est une posture d’équilibre, latéralisée tantôt jambe gauche ou jambe droite, avec différentes possibilités au niveau des jambes et des bras.

II) La posture de l'arbre 

posture de l'arbre

Se mettre debout, près d’un mur, pieds ouverts de la largeur du bassin
Prendre appui sur la jambe gauche
Poser le regard sur un point (ce qui permet d’attraper l’équilibre), puis transférer progressivement et consciemment le poids du corps sur la jambe porteuse et placer l’autre jambe en appui sur la première à un endroit qui convient :

Soit
1) le pied sur la cuisse en appuyant le talon au périnée
2) le pied au niveau du genou
3) les orteils appuyés au sol
4) la jambe en demi-lotus : laisser tomber le genou pour un meilleur équilibre
Faites confiance à votre corps.

Puis installer la position des mains : 3 possibilités
1) pouces et index joints en jnana-mudra, bras tendus, se relier à muladhara
2) mains en anjali mudra (mains jointes placées devant le cœur) en lien avec le cœur
3) bras tendus au-dessus de la tête en lien avec ajna, en mains en anjali mudra
Cette posture peut se faire aussi les yeux fermés ce qui permet de retourner la vue vers l’intérieur, le point extérieur devient le point intérieur, c’est un travail d’intériorisation des sens ou pratyahara

Essayer de placer les yeux en nasagra ou en bhrumadhya

La langue est en kechari mudra, le mula bandha bien serré

III) Bija utilisés dans la posture de l'arbre :

SO à l'inspiration et HAM à l'expiration

IV) Souffles utilisés dans la posture de l'arbre

1) 1- 2 :
1 temps à l’inspiration, 2 temps à l’expiration
3 possibilités :
a) le souffle est dans la base (muladhara cakra) avec HAM SA
b) le souffle est dans le cœur (anahata cakra), les mains sont placées en anjali mudra avec un souffle subtil
c) le souffle est dans le front (ajna) avec le mantra OM
2)1-4-2
1 temps à l’inspiration, 4 temps de rétention à poumons pleins (en antar kumbhaka) et 2 temps à l’expiration
3)1-2-4-
1 temps à l’inspiration, 2 temps à l'expiration et 4 temps à poumons vides (en bahir kumbakha)
4) samavritti (souffle carré) 1-1-1-1
1 temps à l’inspiration, 1 temps rétention poumons pleins, 1 temps à l’expiration et 1 temps rétention poumons vides

V) Tenir la posture de l'arbre

posture de l'arbre

Faire 2 à 3 minutes de chaque coté
Faire l’autre jambe
Changer de jambe sur l’expiration

On peut alterner les yeux ouverts et les yeux fermés, si perte d’équilibre, ouvrir les yeux et recommencer.
C’est un travail d’équilibre dans la détente et de détente dans l’équilibre.
C’est aussi un travail sur la finesse du souffle et l’immobilité du regard avec les yeux ouverts qui fixent un point.
S’entrainer à fermer les yeux quand on a un bon équilibre, une certaine stabilité, une légèreté du souffle.

 

VI) Les bénéfices de la posture de l'arbre

Cette posture développe l’équilibre, la concentration, la volonté, la maitrise de la respiration et des émotions liées au centre d’énergie du cœur.
C’est une belle posture de calme et de paix.

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VII) La symbolique de la posture de l'arbre

L’arbre est un être végétal ligneux dont la tige ou tronc est fixée au sol par ses racines, nue a la base et chargée de branches et de feuilles à partir d’une certaine hauteur.
L’arbre ne change pas de place, d’endroit, il grandit, prend de la hauteur, va en direction du ciel, il s’élève toujours.

Comme l’arbre, l’homme a besoin de terre, d’eau, d’air et de lumière pour vivre.
L’arbre se nourrit d’eau par sa sève qui s’écoule vers le haut alors que l’eau coule partout : c’est la proposition du yoga de remonter le courant vers la racine de la vie, d’air par ses feuilles, de terre qui s’intègre dans son bois et ses branches.

vrikshasana

Le feu jaillit de sa capacité calorifique ou de son frottement que ce soit par l’action de l’homme ou celle de la foudre et notons également que c’est par la lumière qu’il capte sa chlorophylle.
La chlorophylle est verte et le sang rouge et inversement puisqu’en lumière fluorescente, la chlorophylle apparait en rouge et le sang en vert.
Le jour, l’arbre capte le gaz carbonique(CO2) et relâche de l’oxygène(O2), l’arbre bronchique de l’homme fait l’inverse, il rejette le CO2 et capte l’O2.
Le poumon étant le maitre du souffle, l’arbre bronchique contrôle l’énergie respiratoire mais également la voix et la mémoire, il constitue le passage de l’air, de la vie tout comme l’arbre végétal.
En médecine chinoise, les poumons régulent l’énergie (le chi) et participent au transport et à la transformation de l’eau dans le corps. La vapeur d’eau se liquéfie pour parvenir dans les reins et les pores de la peau : le poumon régule l’humidité.
Ils remplissent aussi une fonction immunitaire car ils évacuent les substances nocives de l’organisme : ils sont étroitement liés au nez, à la gorge et aux cordes vocale .

Certains rythmes respiratoires stimulent le cerveau archaïque (qui assure les fonctions vitales et contrôle la fréquence respiratoire, la respiration, la température corporelle, l’équilibre…) et le rhinencéphale qui correspond à l’ensemble des structures olfactives.

vrikshasana

Lors du bourgeonnement, les feuilles sont en relation avec l’élément eau, la sève monte.
Au cours du plein épanouissement des feuilles, c’est la période de la photosynthèse, ce sont l’air et la lumière qui agissent.
Les couleurs d’automne font ressortir un processus feu et l’hiver nous montre le coté terre, minéral de l’arbre.

L’arbre se développe en surface extérieure, en poids (c’est la plus grande masse organique vivante sur terre, supérieure à une baleine) en volume extérieur et périphérie.
L’homme par contre se développe en volume et en surfaces intérieures comme l’illustre la surface des villosités intestinales et celles des alvéoles pulmonaires.

Ce que fait l’arbre à l’extérieur, l’homme l’intègre dans ses processus intérieurs.

Des pieds à la tête, en passant par le tronc, nous parlons de l’arbre comme d’un corps humain.

Au niveau du langage, les mêmes mots s’appliquent à l’arbre et à l’homme : le pied, le cœur, les yeux, la moelle, la colonne vertébrale nommée aussi « arbre de vie », le tronc qui est le lieu où circule la sève et le point de rencontre entre le ciel et la terre.
L’arbre relie la terre et le ciel et symbolise la lente évolution de l’homme vers la sagesse.

Telles les racines, les pieds et les jambes permettent à la partie supérieure du corps de rester verticale avec force et grâce.
La concentration est nécessaire pour maintenir l’équilibre.

« Stira sukham asanam » yoga sutras II 46, Patanjali
« La posture du yoga est à la fois ferme et confortable »

Le mental se colore de ce sur quoi il se pose, le yoga agit sur le mental, il veut simplifier, purifier la situation, pour avoir contact avec l’être profond.

« Être fermement établît dans un espace heureux », Gérard Blitz

On doit labourer la terre pour la rendre meuble, arracher les mauvaises herbes, arroser, fumer la plante qui pousse, puis la soigner et la nourrir délicatement pour que l’arbre croisse en santé et en force et donne un fruit délicieux.
Nous savons que l’essence spirituelle de l’arbre est concentrée dans le jus de son fruit, lequel est le point culminant de la croissance de l’arbre.
Nous cueillons le fruit et apprécions sa saveur ; la joie donnée par cette saveur peut être ressentie mais elle est indicible.

la posture de l'arbre

« De même il faut soigneusement suivre les différentes étapes de l’arbre du yoga si nous voulons faire l’expérience de ses résultats. »
Ce sont les 8 membres du yoga ou ASTHANGA, décrits par B.K.S.IYENGAR

« YAMA : cultive les organes d’action pour qu’ils agissent à bon escient
NYAMA : affine les sens et les organes de perception
ASANA : ils irriguent chaque cellule du corps humain et les nourrissent par un abondant apport de sang
PRANAYAMA : il fait circuler l’énergie
PRATYAHARA : il maîtrise le mental et le débarrasse de toutes ses impuretés
DHARANA : la concentration lève le voile qui recouvre l’intelligence et aiguise celle-ci pour qu’elle joue avec sensibilité son rôle de pont entre le mental et la conscience intérieure
DHYANA : intègre l’intelligence
SAMADHI : les fleuves de l’intelligence et de la conscience coulent ensemble et se confondent dans l’océan de l’âme afin que celle-ci brille dans sa propre splendeur
Ainsi en pratiquant l’arbre du yoga nous sommes amenés à traverser notre être couche après couche jusqu’à ce que nous arrivions à vivre et à goûter le nectar du fruit du yoga, la contemplation de l’âme. »

BM

BIBLIOGRAPHIE :
« L’arbre du yoga »B.K.S.IYENGAR
« Aide- mémoire du Hatha Yoga » CHRISTIAN TIKHOMIROFF
« L’arbre intérieur »JEAN PAPIN
« L’arbre de vie plantes sacrées »PATRICK MANDALA
« Traité de gemmothérapie » La thérapie par les bourgeons »PHILIPPE ANDRIANNE
Dictionnaire LAROUSSE

Par |2018-02-02T16:25:04+00:0019 janvier 2018|Asana|0 commentaire

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