Nadishodana pranayama

Alterner le souffle pour purifier les nadi

Nadishodana est un des pranayama les plus connus, il s’agit d’équilibrer et d’harmoniser les flux lunaire et solaire à travers un souffle alterné. Dans la durée et l’intensité, cet exercice induit une véritable purification des canaux latéraux en ramenant l’énergie dans l’axe central. Nadishodhana constitue également une pratique de santé et de longévité.

 

Les nadi : canaux d’énergie subtile

Nadishodhana signifie littéralement « purification des nadi ». Les nadi sont les canaux d’énergie qui font circuler les prana vayu dans notre corps subtil. Selon la théorie du samkhya, ce corps énergétique (linga sharîra) est composé des cinq tanmatra ou éléments subtils. Au niveau grossier, dans notre corps physique (sthula sharîra), ces mêmes éléments sont appelés bhuta (terre, eau, feu, air, espace). Dans les textes traditionnels, il est dit le plus souvent qu’il y a 72 000 nadi, mais parfois aussi 360 000. Ces deux valeurs illustrent bien le fait que les nadi sont innombrables, mais nous ramènent également à des considérations sur la symbolique des nombres déjà évoquée dans des articles précédemment parus dans Infosyoga1. 360 renvoie évidemment au cercle et au zodiaque solaire qui comporte 360 degrés ; quant au 72, on peut considérer que cette valeur est à la fois solaire et lunaire. En effet, 12 est le nombre solaire par excellence ; 72 est 6 x 12 ; en outre le soleil met 72 ans pour changer de degré du zodiaque dans la précession des équinoxes, ce qui à l’échelle d’une vie humaine peut être perçu comme un degré d’évolution. Mais on peut trouver également un aspect lunaire à ce nombre 72 : il est un cinquième de 3602. On sait que le 5 est le nombre associé à Shiva, qui porte le croissant de lune dans son chignon ; on peut noter aussi que 72 est l’inverse de 27 qui correspond aux cycles lunaires.

Parmi ces 72 000 nadi, les traités de yoga n’en citent en général que 14 ou 10 principales. Les 10 nadi majeures sont en lien avec les 10 portes du corps physique. Le plus souvent les yogi n’intègrent que trois nadi dans leur pratique ; il n’est pas possible de travailler sur tous les canaux, mais si l’on agit sur les trois principaux, cela induit une répercussion sur tout le système. Les trois nadi en question sont

ida nadi, qui est reliée à la narine gauche et qui véhicule l’énergie lunaire, pingala nadi, qui est reliée à la narine droite et qui véhicule l’énergie solaire, et sushumna nadi, qui est reliée au brahmarandra, l’orifice de Brahma, situé à la fontanelle. Ce canal médian est considéré comme l’axe central de notre système énergétique, celui par lequel l’énergie de vie kundalini doit monter au moment de la mort. Les pratiques du hatha yoga visent à préparer ce passage, mais aussi, dans le cadre d’une pratique intense et soutenue, à éveiller l’énergie latente dans cette vie-même. Plus modestement, le surplus d’énergie que procure une pratique régulière peut alimenter la quête intérieure du yogi.

 Analogies entre microcosme et macrocosme

Le yoga et le samkhya, tout comme d’autres approches traditionnelles, postulent que l’individu n’est pas séparé de l’univers, plus encore, que le microcosme contient le macrocosme tout autant que l’inverse. Au delà de cette affirmation, il n’y a aucune distinction qui puisse être établie entre l’individu et l’univers qui ne font qu’un, mais restons dans la relation microcosme-macrocosme.

       Figure 1 : Les trois nadi principalesfigure-1-les-trois-nadi-principales

Si la plupart des personnes considère le monde comme extérieur à elles-mêmes, les yogi préfèrent adopter le point de vue inverse pour avoir d’avantage de prise sur leur destinée. Dans cette optique, le soleil et la lune sont moins perçus comme des astres extérieurs que comme une polarité énergétique en soi-même. Le soleil représente le pôle masculin et actif, tandis que la lune représente le pôle féminin et réceptif. Cependant on peut noter des analogies entre le corps subtil, tel qu’il est présenté dans les traités traditionnels, et le monde extérieur. Ainsi ida et pingala sont décrits comme des canaux qui serpentent le long de la sushumna. Les zones où les deux canaux latéraux se croisent marquent les emplacements des principaux chakra (voir figure n°1). Ces serpentins, dont les trajets alternent d’un côté ou de l’autre de l’axe central, font penser aux trajectoires des luminaires (lune et soleil) par rapport à l’horizon3. La similitude entre le schéma du corps subtil et les trajectoires de Surya et Chandra4 est particulièrement saisissante lors de la pleine lune. En effet, à ce moment, lorsque le soleil passe sous l’horizon, la lune passe au dessus et vice-versa (voir figure n°2). Si la course des deux astres, à l’extérieur, peut symboliser la destinée sur laquelle les humains n’ont guère de prise, les trajectoires d’ida et pingala, dans l’intimité de tout un chacun, représentent une possibilité réelle d’agir de l’intérieur pour affirmer sa propre liberté. Nous avons vu que les croisements des nadi sur la sushumna sont des zones énergétiques particulières (chakra) ; de la même façon, les passages des deux astres sur l’horizon représentent des moments tout à fait particuliers. Pour le soleil, il s’agit évidemment de l’aurore et du crépuscule, instants magiques s’il en est. Pour la lune, ces passages sont certes plus discrets, mais qui ne s’est pas extasié devant l’apparition de la pleine lune à l’horizon?! Ce moment est d’autant plus magique qu’il coïncide avec la disparition du disque solaire sur le même horizon. On peut noter en outre la similitude de ces deux disques blanc et rouge avec les deux bindu blanc et rouge, souvent visualisés par les yogi dans leurs pratiques de pranayama.

L’horizon, ligne qui n’a aucune réalité concrète, marque pourtant la limite entre le visible et l’invisible, entre la lumière et l’obscurité. Les passages des deux astres sur cette ligne virtuelle nous maintiennent dans l’illusion du temps, mais ils peuvent favoriser également d’importantes prises de conscience. Encore une fois, nous n’avons aucune maîtrise des cycles de la lune et du soleil à l’extérieur, mais nous pouvons agir sur leurs flux à l’intérieur. La science du yoga nous explique que la polarité des souffles, solaire dans pingala et lunaire dans ida, alterne de façon régulière entre 12 et 24 fois par jour. On peut observer cette alternance dans le flux de l’air qui est parfois d’avantage dans la narine droite, parfois d’avantage dans la narine gauche. Ce phénomène est très facile à vérifier en bouchant une narine puis l’autre plusieurs fois par jour5. Plus rarement le flux est équilibré entre les deux narines, lorsqu’il change de pôle, il demeure quelques minutes au centre. Lorsqu’on pratique nadishodhana, on amplifie, on accélère, on régularise et on systématise cette alternance naturelle du souffle. Par exemple, si le souffle alterne de lui-même 12 fois en 24h, on peut fort bien dans un nadishodhana simple le faire alterner 12 fois en 1 minute ! Ce qui fera 720 passages par le centre en une heure (12 x 60 = 720). Si l’on pratique nadishodhana en Bastrika, le souffle peut alterner 36 fois par minute, soit 2 160 fois en une heure. Cette façon de respirer aura évidemment tendance à ramener le souffle vers le centre.figure-2-trajectoire-apparente-des-luminaires-a-la-pleine-lune

Figure 2 : Trajectoire apparente des luminaires à la Pleine Lune

 

Technique du souffle alterné

figure-3-vishnou-mudraFigure 3 : Vishnou mudra

A un premier stade, nadishodhana constitue d’avantage un souffle alterné qu’une purification des nadi. Pour pratiquer le souffle alterné, il faut prendre avec la main droite le geste appelé vishnou mudra (voir figure n°3) : le pouce en contact avec l’aile de la narine droite et l’annulaire en contact avec l’aile de la narine gauche, l’index et le majeur repliés, l’auriculaire tendu. On peut également prendre nasagra mudra (voir figure n°4) avec le pouce et l’annulaire placés de la même façon, mais l’index et le majeur sont tendus et appuyés contre le front à l’emplacement de ajna chakra, tandis que l’auriculaire est replié. Il convient de faire d’abord quelques souffles par les deux narines, puis boucher la narine droite et inspirer par la gauche, ensuite boucher la narine gauche et expirer par la droite, inspirer par la narine droite et expirer par la gauche, et ainsi de suite. On change de narine après l’inspiration et on reste dans le même narine après l’expiration. Ceci est le schéma de base du souffle alterné qui peut être décliné de bien des façons, que ce soit au niveau grossier ou au niveau subtil. Il est conseillé d’effectuer ce souffle durant un minimum de 5 minutes. On augmentera progressivement le temps de pratique jusqu’à un gatika (24 minutes). Dans ce cas, si l’on ressent trop de fatigue dans la main qui fait le geste ou dans l’épaule, on pourra changer de main au milieu de la pratique.

Figure 4 : Nasagra nudra

figure-4-nasagra-nudraPour enseigner ce souffle à des débutants de façon plus progressive, on peut commencer par anuloma pratiloma pranayama, un souffle semi alterné qui consiste dans un premier temps à inspirer tantôt à gauche, tantôt à droite, et à expirer par les deux narines. Puis, dans un second temps, à inspirer toujours par les deux narines et à expirer tantôt à gauche, tantôt à droite.

Dans la version simple de nadishodhana, l’inspiration et l’expiration sont équilibrées, que l’on utilise ujjay ou non. Lorsqu’on a l’habitude, on peut adopter d’autres rythmes : 1 temps à l’inspiration et 2 temps à l’expiration (rythme 1-2), puis 1 temps à l’inspiration, 4 temps à poumons pleins et 2 temps à l’expiration (rythme 1-4-2). On peut également utiliser samavritti, le souffle égalisé qui consiste à faire 1 temps à l’inspiration, 1 temps à poumons pleins, 1 temps à l’expiration, 1 temps à poumons vides (rythme carré). Il est également possible de pratiquer nadishodhana sur le rythme de Bastrika qui est beaucoup plus rapide, cette façon de faire est intéressante pour les yogis qui n’ont pas beaucoup de temps car elle conjugue les effets des deux souffles. Cependant, avant de rentrer dans de tels rythmes, il peut être plus intéressant de rajouter au souffle simple des mantras et visualisations.

 

La purification des nadi

On peut bien sûr utiliser les mantras classiques HAM SA et SO HAM (la première syllabe à l’inspiration, la seconde à l’expiration), mais il est préférable de dire les bija en lien avec les énergies lunaire et solaire : YAM lorsque le souffle passe dans la narine gauche et RAM lorsque le souffle passe dans la narine droite. On peut alors visualiser le souffle qui passe dans ida nadi en disant YAM et dans pingala nadi en disant RAM. Le mieux est de suivre le trajet dans les serpentins, en montant de la base (muladhara chakra) jusqu’au front (ajna chakra) à l’inspiration et en faisant le trajet inverse à l’expiration. Si cette visualisation est trop difficile, on pourra commencer par un trajet direct sur le côté gauche pour le canal lunaire qui est blanc, et sur le coté droit pour le canal solaire qui est rouge. Si l’on fait des arrêts à poumons pleins, on bouche les deux narines pendant la pause. Si l’on vient d’inspirer à gauche, on visualise la pleine lune qui rayonne et qui irradie son énergie dans tout le canal de gauche. Si l’on vient d’inspirer à droite, on fera de même avec le soleil. Plus on s’intériorise ainsi dans le souffle, la visualisation et les bija, plus les énergies lunaire et solaire sont purifiées. On peut éventuellement coupler les rythmes indiqués ci-dessus avec les bija. Si l’on est suffisamment habile mentalement, il est possible de compter en même temps que l’on dit le bija en continu ; sinon, on peut remplacer le décompte par la répétition du bija, par exemple, au lieu de compter jusqu’à huit, on répète huit fois le bija RAM. Lorsqu’on est à l’aise dans le souffle grossier, on réduit progressivement le volume d’air en gardant les mêmes rythmes afin de s’approcher du souffle subtil. Plus le souffle est fin et ténu, plus les trajets dans les canaux et bija prennent de l’importance. A terme, il n’est pas exclu de poursuivre la pratique en nivritti (non-souffle), l’énergie prenant alors le relais du souffle grossier à travers les trajets visualisés et la vibration des bija.

Sans forcément atteindre ces stades avancés de la pratique, c’est seulement lorsqu’on intègre les mantra et visualisations que le souffle alterné devient réellement nadishodhana, la purification des nadi. Si l’on traduit nadishodhana ou nadishuddhi par « purification des canaux », il convient de préciser que, dans ce contexte, il n’y a pas de référence à une vision morale qui associerait le pur et l’impur au bien et au mal, comme c’est très souvent le cas dans les approches religieuses. Pur signifie simplement « non-mélangé », comme l’eau peut être pure. On pourrait remplacer le terme purification des nadi par « fluidification des souffles » qui circulent dans les nadi. La fluidité, ou libre circulation des énergies praniques, se produit lorsque les blocages psycho-émotionnels qui altèrent le souffle ont disparus. Ce processus se réalise progressivement grâce à une précision dans la pratique énergétique et une grande concentration mentale. Il est également possible de réaliser nadishodhana de façon purement mentale, sans boucher les narines. Cette option est intéressante pour les cours lorsque certains élèves qui sont enrhumés ou ont le nez bouché, ils peuvent ainsi faire la pratique en se concentrant d’avantage sur les trajets et le bija. On peut aussi choisir de pratiquer nadishodhana sans les doigts comme un entraînement mental, mais cette façon de faire ne saurait remplacer la technique habituelle qui doit être toujours pratiquée quelle que soit l’expérience du yogi.

La purification et le rééquilibrage énergétique induits par nadishodhana amènent une sensation d’harmonie, de stabilité et de clarté mentale. Les effets sont à la mesure de la durée et de l’intensité de la pratique. Si l’on veut en faire un sadhana, il convient d’effectuer ce souffle alterné durant 3 gatika par jour pendant au moins une lunaison. S’astreindre à cette discipline peut permettre un rééquilibrage en profondeur et une plus grande maîtrise de son quotidien. Les textes traditionnels insistent également sur les effets bénéfiques pour la santé et la vitalité. Hormis les extraits du Yogatattva Upanishad et du Hatha-Yoga pradipika reproduits ci-dessous, on trouvera des descriptifs de nadishodana dans le Shiva samitha, le Geranda samitha et le Goraksha paddhati.

 

°°°

Yogatattva Upanishad

36. Tenant son corps bien droit, l’adepte honorera d’abord, les mains jointes, la divinité de son choix, puis, avec le pouce de sa main droite, il se bouchera la narine droite qui est l’orifice du canal Pingalâ, et insufflera doucement de l’air par la narine gauche, orifice de l’Ïdâ;

37. il retiendra alors son souffle aussi longtemps qu’il lui sera possible, puis l’expulsera progressivement, sans forcer, par sa narine gauche.

38. Ensuite il insufflera à nouveau, par sa narine gauche cette fois conduisant l’air jusqu’à son ventre qu’il emplira progressivement; après l’y avoir maintenu le plus longtemps qu’il lui sera possible, il l’expulsera par la narine droite, doucement, sans forcer.

39. II procédera ainsi, inspirant par une narine, expirant par l’autre, alternativement, et, chaque fois retenant le souffle aussi longtemps qu’il le pourra.

40. Pour mesurer le rythme respiratoire on utilise comme unité, le temps qu’il faut à un homme pour se frotter le genou en rond et ensuite claquer du doigt.

41. Lorsqu’on inspire par la narine gauche, on le fait durant seize unités de temps, on tient le Souffle ensuite durant soixante-quatre unités

42. et on expire enfin par la narine droite durant trente-deux unités.

De même lorsque l’on changera de narines. Ainsi fera-t-on quatre fois par jour

43. au matin, à midi, le soir, à minuit, tâchant chaque fois de pratiquer jusqu’à quatre-vingts tenues de souffles.

44. Après trois mois, les deux canaux Idâ et Pingalâ seront tout à fait purifiés

et ceci se manifestera dans la constitution même de l’adepte :

45. il deviendra ténu, lumineux, le feu de la digestion brûlera plus fort et il perdra du poids.

illustration-pour-encart-textes-traditionnels

Hatha-Yoga pradipika

CHAPITRE II

1) Maintenant le Yogi qui a dominé ses passions intérieures et qui a une alimentation équilibré et modérée, après qu’il ait acquis la stabilité dans l’âsana, doit pratiquer selon les enseignements de son Maître le Prânâyâma.

2) Quand la respiration est instable, le mental est instable; quand la respiration est stable, le mental est stable et le Yogi atteint l’immobilité. C’est pour quoi l’on doit maîtriser la respiration.

3) On dit qu’il y a la vie dans le corps tant qu’il y a le souffle vital; la mort correspond au départ du souffle vital: c’est pourquoi il faut enfermer le souffle vital.

4) Lorsque les nâdî sont obstruées par des impuretés, le prâna ne peut circuler dans la sushumna: comment peut-on alors atteindre l’état non-mental? Comment peut-on atteindre la réalisation finale?

5) Quand le circuit entier des nâdî obstruées par les impuretés devient pur, alors le Yogi devient expert dans le prânâyâma.

6) C’est pour cela que le Yogi doit pratiquer constamment le prânâyâma avec le mental imprégné de l’élément Sattva, jusqu’à ce que les impuretés qui se trouvent dans la nâdî sushumnâ soient éliminées.

7) Le Yogi s’étant assis en padmâsana doit inspirer le prâna avec la narine gauche et, après l’avoir retenu le plus longtemps possible, qu’il l’expire avec la narine droite.

8) Ensuite il doit inspirer lentement le prâna par la narine solaire jusque dans son ventre; Après avoir effectué la rétention de souffle comme il a été dit, il doit expirer par la narine lunaire.

9) Ainsi doit-on inspirer avec la narine par laquelle on vient d’expirer, puis retenir le prâna le plus longtemps possible et ensuite expirer doucement par l’autre narine, sans à-coup.

10) Si l’on inspire le prâna par idâ, après l’avoir retenu, on doit expirer par l’autre nâdî. Après avoir inspiré avec pingalâ, et avoir retenu le souffle, on doit l’expirer par la nâdî gauche. Chez ceux qui savent se dominer et qui pratiquent continuellement de la façon prescrite l’exercice de respiration alternée à travers idâ et pingalâ, l’ensemble des nâdî est purifié en trois mois.

11) Il faut pratiquer les rétentions de souffle (dans le prânâyâma) quatre fois par jour: à l’aube, à midi, au crépuscule et à minuit, progressivement jusqu’à en faire 80 à chaque fois.

12) Cette pratique produit au stade initial une grande chaleur, au stade intermédiaire des tremblements et au stade ultime, elle permet d’atteindre le lieu appelé la porte de brahma (Brahmarandhra): C’est pour cela que l’on doit contrôler le prâna.

13) On doit se frotter avec la transpiration produite par cet effort: grâce à cela le corps obtient force et légèreté.

14) Au début de la pratique une nourriture riche en lait et en beurre clarifié est prescrite; Quand la pratique est bien installée cette prescription devient inutile.

15) Comme un lion, un éléphant, un tigre ne peuvent être domptés que très progressivement, de la même façon doit-on faire avec le prâna, autrement il détruit celui qui le pratique.

16) Toutes les maladies disparaissent grâce au prânâyâma correctement exécuté. Par contre une pratique incorrecte engendre toutes sortes de maladies.

17) Le hoquet, l’essoufflement, la toux, les douleurs de tête, d’oreilles, d’yeux et d’autres maladies viennent du dérèglement du prâna.

18) On doit inspirer le prâna, l’expirer et le retenir selon la méthode correcte: ainsi obtient-on la parfaite réalisation de ses pouvoirs.

19) Quand les nâdî sont nettoyées apparaissent sans aucun doute des signes extérieurs: minceur et beauté du corps.

20) En conséquence de ce nettoyage des nâdî naît la capacité de retenir son souffle à volonté, le feu digestif se ravive, le son intérieur se manifeste et la bonne santé s’installe.

Notes:

1Voir « Astrologie et yoga » et « Le mala de rudraksha »

2L’angle de 72° correspond à un aspect astrologique appelé quintile, qui est certes moins connu que les aspects majeurs utilisés dans l’astrologie courante, mais qui permet de rentrer dans une dimension beaucoup plus subtile de l’analyse.

3Voir « Les éclipses Mythes et Symboles », Christophe Lanier, Peuples de monde 1999, p.193 à p.204

4Soleil et Lune en sanskrit

5Pourtant cette alternance naturelle n’est jamais évoquée dans les ouvrages médicaux qui présentent l’appareil respiratoire, sauf quelques références qui mentionnent une pathologie parfois appelée « rhinite à bascule ».

Khristophe Lanier

Texte paru dans InfoYoga n°105 de Janvier-Février 2016