Ganesh le Dieu à tête d’éléphant

Pourquoi ai-je choisi Ganesh comme sujet ? Il représente une sorte de compagnon présent depuis quelques années. En effet, j’ai commencé à apprécier sa physionomie rassurante, puis je me suis intéressée à sa symbolique. Avec le temps, il prend de l’importance d’autant qu’il occupe une place de choix dans le cadre des cours et de la formation d’enseignant de hatha yoga. Je le croise avec plaisir sous diverses formes (statuette, carte postale, pot à crayons…) chez différentes personnes autour de moi qui ne le connaissent d’ailleurs pas vraiment. Enfin, cela me permet de faire un lien avec mon texte de première année qui a comme thème le chakra Vishuddha dont le véhicule du Bijà HAM est l’éléphant blanc.

Divinité à tête d’éléphant dans la religion hindoue, il est avant tout le Dieu de la sagesse et du yoga, et il représente celui qui lève les obstacles (ou qui les dresse si cela lui paraît opportun).

Avant d’aborder Ganesh, il me semble judicieux de dire quelques mots sur la symbolique de ce mammifère qu’est l’éléphant.

Que ce soit en occident ou en orient, l’éléphant est associé à la mémoire, la sagesse, la longévité, et la prospérité…

En Inde, l’éléphant évoque la force, la puissance, l’orage en raison de la forme ronde des nuages gris. En outre, chaque dieu hindou chevauche un animal « véhicule » ; ainsi, Indra, le roi de tous les dieux, dieu des Orages et de la Bataille, se déplace à dos d’un éléphant blanc nommé Airavata ; l’éléphant représente en effet la monture des rois.

L’éléphant représente également les quatre piliers ou caryatides de la sphère céleste ; il porte le monde sur son dos.

Selon les enseignements bouddhiques, la reine Maya conçoit Bouddha d’un éléphanteau qui, durant son sommeil, lui caresse le corps avec sa trompe. L’éléphanteau devient ainsi l’instrument de l’action et de la bénédiction du Ciel.
Mais revenons à Ganesh à lui même. Côté famille, il est le fils de Parvati et de Shiva, l’époux de Siddhî (le succès) de Buddhi (l’intellect) et de Riddhî (la richesse), et le frère de Skanda, Dieu de la Guerre et chef de l’armée des Dieux.
Ganesh est l’un des Dieux les plus populaires de l’Hindouisme, non par le rang hiérarchique qu’il occupe, car on ne le situe pas sur le même plan que la Trimûrti  (Brahmâ, Vishnu et Shiva), mais par son omniprésence dans la vie quotidienne des gens. En effet, Ganesh est un Dieu plus attaché à la terre qu’à l’ordre cosmique comme Shiva ou Vishnou. C’est une divinité protectrice qui porte chance et à laquelle on fait appelle pour les commencements de toutes sortes.
Il est aujourd’hui vénéré en Inde et dans une large partie de l’Asie par des centaines de millions de fidèles. Son culte s’est répandu dés le 7ème siècle de notre ère dans une large partie de l’Asie.
Lors des 18 et 19ème siècle, des indiens ont immigré à Maurice, à la Réunion, en Afrique du sud, aux îles Fidji, ainsi qu’à la Martinique, la Guadeloupe, en Guyane britannique et à Trinidad. Ce qui explique que dans tous ces pays, un culte quotidien lui est rendu.
Aujourd’hui, ses fidèles lui ont établi des temples en Australie, au Canada, en Allemagne, en Suisse, à New York, à Londres et dans bien d’autres pays. Pour ce qui est de la France, nous en trouvons un à Paris mais aussi à Rillieux La Pape près de Lyon (même s’il s’agit d’un local de 30 m2 pour l’instant)…
J’aborderai dans un premier temps les différentes versions relatant l’histoire de sa naissance et de son évolution, puis dans un second temps les principaux textes anciens dans lesquels les légendes relatives à Ganesh sont racontées. Il sera ensuite question de ses diverses représentations, de ses différents noms et mantras. Enfin, les fêtes et rituels dont il fait l’objet seront traités avant d’établir un lien avec le yoga.

1) Son histoire / son mythe : plusieurs versions

La naissance de Ganesh

Les histoires qui expliquent comment Ganesh obtint sa tête d’éléphant  sont nombreuses… Souvent dérivées du Shiva Purâna, elles racontent que Shiva, rentrant d’une longue période de méditation dans l’Himalaya, trouva un jeune homme barrant la porte de sa maison pour l’empêcher d’entrer, tandis que Pârvatî, l’épouse de Shiva, appelée aussi « la Montagnarde » ou encore « la fille de l’Himalaya » prenait son bain. Le jeune homme était le fils que la déesse avait conçu, au moyen de poussière, d’onguents, d’huile et d’eau du Gange (ou encore de l’écume de son bain), pour lui tenir compagnie durant sa solitude. Furieux de se voir interdire l’entrée de sa propre maison, Shiva se métamorphosa en sa forme de Rudra  et lança les Gana  contre Ganesh. Dans la bagarre, la tête de Ganesh fut tranchée. Elle roula au loin et devint introuvable. Dans une version proche, Shiva voulant entrer chez lui demanda de l’aide à Vishnou, qui utilisa sa maya, c’est à dire l’illusion, pour jeter la confusion. Il décapita ainsi Ganesh avec son disque. Inconsolable,  Pârvatî exigea la renaissance de son fils sur le champ. Shiva promit qu’il remplacerait la tête coupée par celle de la première créature qui se présenterait. Un éléphant passa… Par cet acte, et bien que Ganesh ait été conçu sans lui, Shiva assuma sa paternité. Il nomma Ganesh également chef de tous ses serviteurs. Cette version des faits est la plus courante.

Le sacrifice de la décapitation, fait donc passer  Ganesh du statut de simple  » gardien de porte  » à celui de gardien des Divinités supérieures. C’est la raison pour laquelle on dit qu’il est « deux fois né ».
Voici six autres versions de la naissance de Ganesh :

Selon le Linga-Purâna, Ganesh est créé par Shiva afin de triompher des Asura  et autres ennemis des dieux ; en effet, les Devâ prièrent le tout-puissant Shiva de leur venir en aide, car ils étaient harcelés par les démons. Shiva y consentit et, de son esprit, fit jaillir la superbe et merveilleuse figure d’un enfant avec une tête d’éléphant puissant, brandissant un trident dans une main. Les Dieux furent ravis de cet enfant, né de l’esprit de Shiva, qui les protégerait dorénavant. Voyant ce bel enfant, Pârvatî le mit sur son genou et fit le vœu qu’aucune entreprise, humaine ou divine, ne soit couronnée de succès sans qu’on lui ait préalablement dédié une prière. Shiva fit alors de lui le Chef des hordes célestes, les Gana, en l’appelant Ganapati, ce qui veut dire Chef des Gana.
 
Dans un autre Purâna, le Varâha-Purâna (Varaha ou le sanglier mythique est la troisième incarnation du Seigneur Vishnu), il est dépeint comme un jeune homme merveilleusement beau naissant de l’éclat du front de Shiva alors absorbé dans une profonde méditation. Ce fils né de l’esprit de Shiva, était un garçon humain éblouissant. Pârvatî, contrariée que ce garçon fût né sans son intervention, souhaita que sa tête soit changée en celle d’un éléphant. Cependant, quand elle vit l’enfant à tête d’éléphant, elle ressentit un grand amour pour lui, et déclara qu’aucune entreprise, humaine ou divine, ne réussirait sans une prière à Ganapati, que Shiva avait fait Chef des Gana.

Shiva crée Ganesh à la demande des dieux, qui veulent distinguer le bien du mal pour assurer le succès des bonnes entreprises, et l’échec des mauvaises. Le fils de Shiva est à son image, c’est à dire très beau. Il séduit toutes les femmes, ce qui lui fait oublier sa tâche première. Aussi, sa mère Parvati, le condamne à avoir une tête d’éléphant et un gros ventre.

Une autre légende Puranique dit que Pârvatî brûlait du désir d’avoir un enfant et en fit part à Shiva. Il lui demanda de suivre une période d’austérités pendant un an, et elle le fit. Le sage Sanat Kumara fit ainsi subir à Pârvatî diverses épreuves pour s’assurer de l’intensité de son souhait. Après quoi, elle entendit une voix venant du ciel lui disant d’aller dans sa chambre chercher son enfant nouveau-né. Elle y courut, le vit et ne put en croire ses yeux car il était plus beau que tous les Dieux réunis, et son visage brillait comme le soleil levant. Tous les dieux et déesses se précipitèrent au mont Kailash (considéré comme la demeure de Shiva située dans le massif de l’Himalaya au Tibet), pour contempler cet enfant ; ils lui présentèrent leurs hommages et s’émerveillèrent de sa beauté. Les neuf planètes (les Navagraha), vinrent aussi pour féliciter le couple divin et leur fils bien-aimé. L’une d’elles, Shani (Saturne, symbole des obstacles)  ne voulut pas lever les yeux vers l’enfant et demanda que ce soit lui qui baisse la tête. Pârvatî en fut vexée. Shani expliqua alors que sa femme, jalouse, avait prédit que toute personne qu’il regarderait avec admiration serait détruite. Pârvatî ne voulut pas le croire et exigea que Shani fasse comme tous, et admire le bébé. Il s’exécuta et instantanément la tête de Ganesh fut séparée de son corps et s’envola dans l’espace jusqu’au Goloka, le monde de Krishnâ (car à l’origine, Ganesh était Krishnâ lui-même sous forme humaine, selon le Brahmavaivarta-Purâna). Pârvatî pleura et se lamenta bruyamment. Vishnu, comprenant le drame, partit aussitôt à la recherche d’une tête pour remplacer celle qui était perdue. Sur les rives de la rivière Pushpabhadra, il rencontra un troupeau d’éléphants endormis. Choisissant un animal couché dont la tête était tournée vers le nord, il la lui trancha et la rapporta. A son retour, il plaça cette tête d’éléphant sur le cou de l’enfant Ganesh. Et soufflant la vie dans le corps inanimé, il le présenta à Pârvatî qui fut ravie d’avoir un enfant doté de la sagesse et de la puissance d’un éléphant. Vishnu vêtit l’enfant de parures exquises convenant à sa beauté; Himavân, le père de Pârvatî, fit de même. Vishnu rassembla tous les êtres célestes et rendit un culte à l’enfant, lui donnant les huit noms par lesquels on le connaîtrait désormais : Vighneshvara, Ganesha, Heramba, Gajânana, Lambodara, Ekadanta, Soorpakarna et Vinâyaka.
Un jour pour se distraire, Pârvatî modela l’image d’un enfant pourvu d’une tête d’éléphant, en se servant des onguents qui couvraient son corps, puis l’amena au Gange. Dès que les eaux submergèrent l’enfant, il se transforma en un être resplendissant. C’était Dvaimatura, le fils né de deux mères, car Pârvatî comme Gangâ  croyaient chacune qu’il était leur enfant.

Selon une légende tamoule de la ville de Kânchîpuram en Inde, Shiva et Pârvatî, visitant les profondes forêts de l’Himalaya, virent un couple d’éléphants unis. Par jeu, ils décidèrent sur le champ de faire de même, et adoptant la forme de ces animaux, ils s’unirent à leur tour. Ainsi, naquit Ganesh à tête d’éléphant.

Ganesh et ses épouses

Beaucoup d’Indiens considèrent que l’état normal de Ganesh est d’être célibataire. Les images de Ganesh associées avec une figure féminine sont effectivement plutôt rares.

Néanmoins, l’histoire du mariage de Ganesh la plus connue est citée dans le Shiva Purâna (et sera abordée aussi en page 14) ; Shiva et parvati demandent à leur 2 fils, Ganesh et Skanda (à noter que Skanda est né sans l’intervention de Parvati, mais est néanmoins considéré comme le fils du couple Shiva et Parvati) de faire le tour du monde le plus rapidement possible sous forme de course en échange d’une épouse, (symboliquement d’une shakti). Ainsi, Ganesh fut marié aux filles de Prajâpati : Siddhi (le succès, laréussite) et Buddhi (l’intelligence, la sagesse). Après quelques temps, Ganesh eut deux fils : Kshema (la prospérité) né de Siddhi, et Lâbha (l’acquisition) né de Buddhi.

2) Les textes anciens abordant Ganesh

Le Mudgala Purâna et le Ganesha Purâna sont les principaux textes considérés comment fondateurs des cultes dédiés à Ganesh.

De nombreux mythes relatifs à Ganesh comportant de multiples versions pour une même histoire, sont ainsi relatés dans les « Purana ». Les Purana sont un ensemble de textes épiques sanskrits célébrant la puissance des Dieux faisant  partie de la littérature sacrée de l’hindouisme. Les « Purana » (signifie « les temps primitifs » en sanskrit ou histoires des anciens) ont été écrits à partir du 4ème siècle après J-C jusqu’au 14ème siècle pour transmettre l’enseignement des Veda aux illettrés et aux membres de castes inférieurs. Ces écritures évoquent donc entre autres, et de différentes manières la naissance de Ganesh ainsi que  son apparence de dieu doté d’une tête d’éléphant et d’un corps d’homme. En effet, nous venons de les aborder, certains mythes font de Ganesh le produit des amours entre Shiva et Parvati ; d’autres le disent crée par Parvati seule, ou encore par Shiva seul.

Ganesh est également présent dans d’autres purana :

Dans le Bhagavat Purâna, c’est lui qui incite Vishnu à s’incarner en Kurma (la Tortue) pour venir au secours de la Terre.

Dans le Shiva Purâna, les Dieux le couronnent et le nomment « Seigneur des gana »  (des catégories).

Dans le Varâha purâna, Ganesh est à la fois le maître des gana et des vinâyaka (un Vinâyaka incarne un empêchement, un obstacle ; il s’agit d’esprits malveillants et malfaisants, responsables de nombreux problèmes qui assaillent les êtres humains, troublant leur esprit, les rendant incapables de décision, les affaiblissant par des maladies diverses, souvent mentales.), et c’est pourquoi il reçoit de Shiva le nom de Vinâyaka.

Par contre, dans le Matsya Purâna, c’est Brahmâ qui donne à Ganesh son nom Vinâyaka.

Dans le Vâmana Purâna (Vamana étant le cinquième avatar de Vishnou), Shiva met au service de Ganesh, les Mères (Mâtrika) ainsi que les terribles esprits des morts (bhûta).

Dans le Linga Purâna, c’est Ganesh qui crée lui-même les Créateurs d’Obstacles, les Vighnagana.

On peut noter que Ganesh est absent de l’épopée du Râmâyana. En revanche, on trouve le culte de Ganesh dans celle du Mahâbhârata. La légende qui fait de Ganesh le scribe qui, sous la dictée du Rishi Vyâsa, rédige la grande Epopée en est issue. Le Mahâbhârata rapporte par ailleurs plusieurs des noms de Ganesh : Ganapati, Gajanana, Vighnesa, Heramba, etc..

A. Le Mudgala purâna

Le Mudgala Purâna est un upapurâna, c’est à dire l’un des Purâna dit secondaire, qui comporte diverses légendes ainsi que des éléments de rituel sur cette divinité. Ce texte sacré considère Ganesh comme une représentation de la Réalité Ultime. Ainsi, les manifestations de Ganesh sont-elles innombrables, mais huit de ses incarnations ou avatâr sont importantes. Différentes des quatre Incarnations indiquées dans le Ganesh Purânana (que nous aborderons plus tard), elles sont décrites dans le Mudgala Purâna comme étant survenues au cours des différents âges cosmiques. Les légendes (le plus souvent des batailles contre des démons) liées à ces incarnations, expriment, sous une forme vivante et imagée, des concepts philosophiques complexes sur la création progressive du Monde. Ainsi, chaque Incarnation représente-t-elle une étape du déploiement de l’Absolu au cours de sa Manifestation. Dans l’ordre de leur apparition, ces incarnations de Ganesh sont les suivantes :
-Vakratunda (le « Dieu à la trompe tordue »), premier de la série, représente l’Absolu en tant qu’agrégat de toutes les formes physiques existantes, en quelque sorte une « Descente dans un corps » du Brahman Suprême. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Matsaryâsura, symbole de l’Envie, la jalousie. La monture ou vâhana de Vakratunda est un lion.
-Ekadanta (le « Dieu à la défense unique ») représente l’agrégat de toutes les âmes individuelles, c’est à dire la personnification de la nature essentielle du Brahman. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Madâsura, symbole de l’Arrogance, la vanité. La monture d’Ekadanta est une souris.
-Mahodara (le « Dieu au ventre énorme ») est une synthèse de Vakratunda et d’Ekadanta. Il représente l’Absolu entrant dans le processus de Création. Il est la personnification de la Sagesse du Brahman. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Mohâsura, symbole de l’illusion -Erreur au sens métaphysique- et de la Confusion. Sa monture est une souris.
-Gajavaktra, ou Gajânana (le « Dieu au visage d’éléphant »), Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Lobhâsura, symbole de l’avidité. Sa monture est une souris.
-Lambodara (le « Dieu au ventre pendant ») est la première des quatre incarnations qui correspond à l’époque mythique au cours de laquelle les Dieux Puraniques apparurent. Ainsi, Lambodara correspond-il à Shakti, le Pur pouvoir du Brahman. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Krodhâsura, symbole de la Colère. Sa monture est une souris.
-Vikata (le « Dieu à la forme inhabituelle ») correspond à Sûrya. Il personnifie la nature illuminante du Brahman. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Kâmâsura, symbole de la luxure. Sa monture est un paon.
-Vighnarâja (le « Roi des obstacles ») correspond à Vishnu. Il personnifie la nature préservative (protectrice) du Brahman. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Mamâsura, symbole de la possessivité. Sa monture est le Serpent Céleste Shesha.
-Dhûmravarna (le « Dieu de couleur grise ») correspond à Shiva. Il personnifie la nature destructrice du Brahman. Le but de cette incarnation fut de vaincre le démon Abhimanâsura, symbole de l’orgueil et de l’attachement. Sa monture est un cheval.

B. Ganesha Purâna

Le Ganesha Purâna est un texte religieux consacré au Dieu Ganesh. Le Ganesh Purâna est, avec le Mudagala Purâna, le coeur des écritures sacrées pour les dévots de Ganesh. Ce sont les deux Purâna exclusivement consacrés à Ganesh.

Durant la période médiévale, les adorateurs exclusifs de Ganesh, les Ganapatyas, formèrent un mouvement religieux uniquement dédié au culte de Ganesh considéré comme la divinité suprême, contenant en Lui-même toutes les autres formes divines.

Ce Purâna précise les diverses méthodes de rituels, les croyances essentielles et les positions philosophiques de la secte des Ganapatyas. Il comporte beaucoup d’histoires légendaires ainsi que des aspects purement dévotionnels.

On peut en trouver une sorte de présentation en se basant sur les questions que le Rishi Vyâsa posa à Brahmâ dans le dixième chapitre du Premier Livre :

« Qui est Ganesha ?
  Quelle est son apparence réelle (svarûpa) et comment peut-on le connaître ?
  Envers qui ce Dieu aux quatre visages a-t-il été déjà bien disposé ?
  Combien a-t-il d’Incarnations et quels exploits ont-elles accompli ?
  Qui l’a déjà vénéré et dans quels buts ? »
Le Ganesha Purâna se présente en deux parties :

1) L’Upasanakhanda ou « De la dévotion » qui comporte 92 chapitres. Le chapitre 46 inclus un hymne (stotra) qui est l’une des versions les plus connues du Ganesha Sahasranama (hymne de louange énumérant les 1000 noms de Ganesh). Ce stotra est récité de nos jours dans de très nombreux temples comme une partie importante du culte de Ganesh.

2) Le Kridakhanda ou « Le Jeu divin de Ganesh » qui comporte 155 chapitres et que l’on l’appelle parfois Uttarakhanda. Les chapitres 138 à 148 du Kridakhanda constituent la Ganesh Gita, texte dévotionnel bâti sur le même modèle que la Bhagavad Gita, mais adapté à Ganesh dans le rôle de la Divinité Suprême (à la place de Krishna). Le discours est ici attribué au Roi Varenya et se déroule durant l’incarnation de Ganesh comme Gajanana. Quelque 90 % des stances de cette Ganesh Gita sont purement et simplement des transpositions empruntées à la Bhagavad Gita ; leurs sujets sont les mêmes, à savoir : le karma yoga, le jnana yoga et le bhakti yoga. Comme Krishna, Ganesh déclare (II.138.22) : « Je crée le Monde, je le protège puis je le détruis. »

Le Kridakhanda du Ganesh Purâna décrit les quatre incarnations de Ganesh au cours des quatre différents yugas (cycle de 4 grandes périodes de l’humanité qui sont Satya Yuga (ou Krita Yuga), Treta Yuga, Dvapara Yuga et Kali Yuga ). Ce ne sont pas les mêmes incarnations que les huit décrites dans le Mudgala Purâna:

Mahotkata Vinâyaka a dix bras et Il est de couleur rouge. Selon les sources, sa monture (vâhana) est soit un éléphant, soit un lion. Il fut le fils de Kashyapa et d’Aditi au cours du Krita Yuga, d’où son autre nom de Kâshyapa. Il détruisit les frères démons Narântaka et Devântaka ainsi que le démon Dhumraksha

Mayûreshvara a six bras et Il est de couleur blanche. Sa monture est le paon. Il naquit de Shiva et Pârvatî au cours du Treta Yuga. Cette Incarnation eut pour but de tuer le démon Sindhu. C’est à la fin de cette Incarnation qu’il fit don de son paon à son jeune frère Skanda, à qui le paon est généralement associé

Gajânan a quatre bras et il est rouge. Sa monture est une souris. Il naquit de Shiva et Pârvatî au cours du Dvapara Yuga. Il eut pour but de de tuer le démon Sindûra qui tient son nom de sa couleur rouge-rosé (Sindoor est le vermillon). C’est aussi au cours de cette Incarnation que Ganesh déclama la Ganesha Gita au Roi Varenya

Dhûmraketu est de couleur grise, comme la cendre ou la fumée (dhûmra). Il a deux ou quatre bras et un cheval bleu comme monture. Il viendra seulement vers la fin du Kali Yuga. Durant cette incarnation, de nombreux démons seront exterminés. On peut voir un parallèle avec la dixième et dernière incarnation de Vishnu, Kalki, qui viendra à la fin des temps, monté sur un cheval blanc.

C. Ganapati Upanishad

Le Shri Ganapati Atharvashirsa, Ecriture sacrée hindoue dédiée au Dieu Ganesh, est une Upanishad tardive qui célèbre Ganesh comme la Personnification du Brahman Ultime ; elle est aussi connue sous les noms de Sri Ganapati Atharva Sirsha, Ganapati Atharvashirsha ou encore, tout simplement, Ganapati Upanishad. Ce texte en sanscrit est le plus habituellement récité par les dévots de Ganesh, particulièrement dans la région du Maharashtra.
3) Ses noms, sa représentation et ses mantras

Dans l’hindouisme, Ganesh est souvent appelé Ganapati spécialement dans le sud de l’Inde – « le seigneur des troupes de divinités » ou mieux « le seigneur des catégories ».

Le Ganesha Purâna comporte la désignation des douze noms principaux du dieu à tête d’éléphant, noms qu’il convient d’évoquer avant tout rite. Ces douze noms sont les suivants :
• Jumukha : « le Seigneur très gracieux »
• Ekadanta : « Le Seigneur qui n’a qu’une défense »
• Kapila : « Le Seigneur de couleur fauve »
• Gajakarna : « le Seigneur aux oreilles d’éléphant »
• Lambodhara : « Le Seigneur au ventre volumineux »
• Vikata : « Le Difforme »
• Vighasaka : « le Seigneur destructeur des obstacles »
• Ganâdhipa : « le Seigneur protecteur des Gana »
• Dhûraketu : « le Seigneur couleur de fumée » à deux bras, monté sur un cheval bleu, maître du Kali Yuga
• Ganâdhyaks : « le Ministre des Gana »
• Bhâlachandra : « le Seigneur qui porte le croissant de lune sur sa tête »
• Gajânana : « le Seigneur au visage d’éléphant ».

Au cours d’une pûjâ ou cérémonie d’offrandes, l’offrande des fleurs et du riz se fait en invoquant les 21 noms (eka vishanti nama) suivants de Ganesh :
• Vighnarâja : « Le Roi des obstacles »
• Gajânana : « Le Seigneur qui a un visage d’éléphant »
• Lambodara : « Le Seigneur au ventre volumineux »
• Shivatmaja : « fils de Shiva »
• Vakratunda : « Celui qui a la trompe tordue »
• Supakarna
• Ganeshvara : « Le Seigneur des Gana »
• Vighnanashin : « Le Destructeur des Obstacles »
• Vikata : « Le Difforme »
• Vamana : « Le Nain »
• Sarvadeva
• Sarvadukhavinâshi
• Vighnarhartr : « Celui qui supprime les obstacles »
• Dhûmrâja
• Sarvadevâdhideva
• Ekadanta : « Le Seigneur qui n’a qu’une défense »
• Krishnapingala : « Le Seigneur de couleur bleue et noire »
• Bhâlachandra : « Le Seigneur qui porte le croissant de lune sur la tête »
• Gananâtha : « Le Chef suprême des Gana »
• Shankarasunav : « Le fils de Shankara »
• Anangapujita : « Le Seigneur sans-forme »

Durant le déroulement des pûjâ, il est aussi d’usage de réciter les 108 noms de Ganesh chaque nom étant précédé du mantra « om namah ».

Akhurata : « Celui dont la souris conduit le char »
Alampata : « L’Eternel »
Amita : « Celui qui est sans comparaison »
Anantagidrupamayam : « Celui qui personnifie l’Infini et la Conscience »
Avanîsh : « Le Maître de la Terre entière »
Avighna : « Celui qui ne connaît pas les obstacles »
Balaganapati : « L’Enfant bien-aimé »
Bhalachandra : « Celui qui porte le croissant de Lune »
Bhîma : « Le Géant »
Bhûpati : « Le Seigneur des Seigneurs »
Bhûvapanti : « Le Seigneur des Seigneurs »
Buddhinath : « Le Seigneur de la Sagesse »
Buddhipriya : « Celui qui accorde la Connaissance »
Buddhividhata : « Le Dieu de Sagesse »
Chaturbhujati : « Celui qui a quatre mains »
Devâdeva : « Le Seigneur de tous les Seigneurs »
Devantakanashakarin : « Le Destructeur des démons »
Devavrata : « Celui qui accepte toutes les ascèses »
Devendrashika : « Le Protecteur des dieux »
Dharmika : « Celui qui favorise la Bienveillance »
Dhûmravarna : « Celui dont le corps est couleur de fumée »
Durja : « l’Invincible »
Dvaimatura : « Le Fils de deux mères »
Ekâkshara : « Celui qui est désigné par la seule syllabe OM »
Ekandata : « Celui qui n’a qu’une défense »
Ekadrishta : « Celui qui n’a qu’une défense »
Eshanputra : « Le Fils de Shiva »
Gadadhara : « Celui qui manie la massue »
Gajakarna : « Celui qui a l’œil de l’éléphant »
Gajânana : « Celui qui a le visage de l’éléphant »
Gajanâneti : « Celui qui a le visage de l’éléphant »
Gajavakra : « Celui qui a la trompe de l’éléphant »
Gajavaktra : « Celui qui a la bouche de l’éléphant »
Ganadhakshya : « Le Seigneur des hordes célestes »
Ganadhyakshina : « Le Seigneur des Etres célestes »
Ganapati : « Le Seigneur des Gana »
Gaurisuta : « Le Fils de Gauri »
Gunina : « Le Seigneur de toutes les vertus »
Haridra : « Celui qui a la couleur de l’or »
Heramba : « Celui qui est très aimé de sa mère »
Kapila : « Celui qui est de couleur fauve »
Kavîsha : « Le Seigneur des poètes »
Kirti : « L’Amoureux de la musique »
Kripakaram : « Celui qui est miséricordieux »
Krishapingaksha : « Celui dont les yeux sont de couleur d’un brun jaune sombre »
Kshamakaram : « La demeure de la clémence »
Kshipra : « Celui qui agit rapidement »
Lambakarna : « Celui qui de grandes oreilles »
Lambodara : « Celui qui a un énorme ventre »
Mahâbala : « Celui qui est d’une force extrême »
Mahâganapati : « Celui qui est Omnipotent et Tout-Puissant »
Maheshwaram : « Le Seigneur de l’Univers »
Mangalamurtî : « Celui qui est de bon augure »
Manomaya : « Le Conquérant de son propre courage »
Mritunjaya : « Celui qui ne connaît pas la mort ; l’Impérissable »
Mudakaram : « La Demeure de la Joie »
Muktidaya : « Celui qui donne la paix éternelle »
Musakavahana : « Celui dont la souris est le véhicule »
Nadapratithista : « L’Amoureux de la musique »
Namasthetu : « Le Destructeur de toutes les fautes »
Nandana : « Le Fils du Seigneur Shiva »
Nidîshvaram : « Le Maître de toutes les sortes de Trésors »
Pashina : « Celui qui s’assoit comme un roc »
Pitambara : « Celui qui porte des vêtements jaunes »
Pramod : « Le Seigneur du foyer »
Prathameshvar : « Celui qui tient la première place »
Purusha : « L’Autorité Suprême »
Rakta : « Celui qui est de couleur rouge »
Rudrapriya : « Le Bien-aimé de Shiva »
Sarvadevatman : « Celui qui accepte les offrandes des Etres célestes »
Sarvasiddhanta : « Celui qui donne à ses disciples la capacité d’être un adepte « 
Sarvatman : « Celui qui fait le bonheur de l’Univers »
Shambhavi : « Le Fils de Pârvatî ; »
Shashivarman : « Celui qui a la teinte de la Lune »
Supakarna : « Celui qui a de grandes oreilles »
Shuan : « Celui qui est de bon augure »
Shubhagunakanan : « Le Réservoir de toutes les vertus »
Shveta : « Celui qui est de couleur blanche »
Siddhidhata : « Celui qui accorde le succès »
Siddhipriya : « Celui qui accorde les faveurs »
Siddhivinayaka : « Celui qui accorde le succès »
Skandapûrvaja : « L’Aîné de Skanda »
Sumukha : « Celui qui a un visage agréable et de bon augure »
Sureshwaram : « Le Seigneur de tous les dieux »
Svarûpa : « L’Amoureux de la Beauté »
Taruna : « Le Jeune Homme »
Uddanda : « Celui qui punit le Mal »
Umaputra : « Le Fils d’Uma »
Vakratunda : « Celui qui a la trompe tordue »
Varaganapati : « Celui qui accorde les faveurs »
Varaprada : « Celui qui concède ses bienfaits »
Varadavinayaka « Celui qui accorde ses dons et le succès »
Viraganapati : « Le Guerrier Valeureux »
Vidyavaridhi : « Le Réceptacle de toute connaissance »
Vignahara : « Le Destructeur du Mal »
Vignahartav : « Le Destructeur des Obstacles »
Vighnanashin : « Le Destructeur des Obstacles »
Vighnarâja : « Le Seigneur de tous les obstacles »
Vighnarajendra : « Le Seigneur de tous les obstacles »
Vighnavinashanaya : « Le Destructeur de tous les malheurs »
Vigneshvara : « Le Seigneur de tous les obstacles »
Vikata : « Le Difforme »
Vinâyaka : « Le Seigneur de Tous »
Vishvamukha : « Le Seigneur de l’Univers »
Yagnakaya : « Celui qui accepte les feux sacrificiels »
Yashakaram : « Celui qui donne le Renom et la Gloire »
Yashvasin : « Celui qui est Populaire »
Yogadhipa : « L’Amoureux de la Méditation »
La forme mi-humaine, mi-animale de Ganesh est plutôt rare dans le panthéon des dieux de l’Inde. Il y a bien d’autres formes mixtes comme Varâha qui est l’avatar à tête de sanglier de Vishnu, ou Narasimha, un autre avatar de Vishnu à tête de lion. Mais ces formes divines à tête animale ne sont que des variations de représentation d’une divinité principale qui n’a rien d’animal à la base. Ganesh ne possède pas d’autre représentation que celle avec une tête d’éléphant.

L’apparence physique de Ganesh est décrite dans la Ganapati Upanishad (11-14).
« Il n’a qu’une défense, mais quatre bras. Deux de ses mains tiennent un lacet et un crochet. Ses deux autres mains font le geste d’accorder des dons (varada  mudrâ) et d’éloigner la crainte (abhaya  mudrâ). Il est accompagné d’une souris. Il est rouge et obèse, ses oreilles ont la forme de vans. Il est vêtu de rouge et tous ses membres sont couverts de pâte de santal rouge. Il est vénéré avec des fleurs rouges. Infaillible, charitable, il est l’origine des mondes. Il apparaît, au début de la création, seul, avant la Nature, avant la Personne-Cosmique  « .
« Quiconque médite sur sa forme prend une place importante parmi les réintégrés ».
Ganesh est le plus souvent assis, sur un trône de lotus, la jambe gauche repliée, la jambe droite pendante, dans une posture décontractée. Mais il peut être représenté dansant, comme son père Shiva en Nataraja, le roi de la danse. On le trouve aussi parfois allongé sur un sofa, un livre ouvert devant lui.

Dans le sud de l’Inde et au Sri Lanka, Ganesh tient parfois un fruit dans sa main, une mangue ou un citron.
Les 4 bras :
-en référence aux 4 sortes d’êtres qu’il créa : les Dieux dans le ciel ; les hommes sur terre ; les anti-dieux et les serpents dans le monde inférieur ;
-en référence aux  4 castes (les Brahmanes caste des lettrés, des prêtres et intellectuels, les Kshatriya caste des guerriers ou nobles, les Vaishya caste des agriculteurs et des commerçants, les Shudra caste des artisans et ouvriers. Ceux n’appartenant à aucun de ces groupes, étant intouchables.

-En référence aux 4 voies traditionnelles de la connaissance (jnana yoga, bhakti yoga, karma yoga et raja yoga)
-En référence aux 4 védas (Le Rig-Veda (Veda des stances à la louange des dieux), Le Yajur-Veda (Vedas des formules rituelles), Le Sâma-Veda (Veda des chants et des mélodies) et L’Atharva-Veda (Veda d’Atharvan).
Les quatre bras représentent les quatre outils du corps subtil, à savoir :
  – manas  (mental)
  – buddhi  (connaissance éveil)
  – ahamkara  (égo)
  – chitta  (atman, subconscient)

Si Ganesh est généralement pourvu de quatre bras, il peut aussi n’en avoir que deux (les représentations de Ganesh à deux bras sont très anciennes) ou au contraire, six, huit, dix, douze, voire seize sur certaines représentations. On connaît, particulièrement au Népal, des représentations de Ganesh à plus de quatre bras et plus d’une tête qui sont souvent reliées au tantrisme.

Voici maintenant les mudras que l’on trouve sur les représentations de Ganesh : La main qui donne, qui accorde des dons, varada mudrâ  montre sa générosité envers ceux qui l’invoquent. Le varada mudrâ est représenté par la paume ouverte vers l’avant, doigts pointés vers le bas.

La main qui éloigne la crainte et accorde la protection divine, ou abhaya mudrâ  indique que Ganesh est au-delà de l’atteinte du temps et de la mort. L’abhaya mudrâ est représenté par la main paume ouverte vers l’avant, doigts pointés vers le haut.

Les attributs ou emblèmes :

Les objets que Ganesh tient dans ses mains sont symboliques et relatifs à ses pouvoirs ou fonctions. Certains de ces attributs peuvent être considérés comme des armes, destinées à combattre des forces négatives ou des forces d’ignorance, symbolisées par les démons.

En général, les textes anciens décrivent Ganesh avec quatre bras arborant une défense, une hache, un lotus fermé et un bol rempli de friandises sucrées.

D’autres ouvrages citent, par exemple, l’aiguillon (crochet à éléphant), le serpent, le trident (trishula) ou encore le noeud coulant et le mâlâ.

La hache
(parashu) est l’attribut habituel de Ganesh. Il la tient souvent dans sa main droite supérieure. La hache est héritée de Shiva et dévolue aux divinités Shivaïtes. En sa qualité de « Seigneur des Obstacles », il est normal que Ganesh soit doté d’une arme puissante qui tranche et abat. La hache symbolise la destruction de tous les désirs et attachements, ainsi que de l’agitation et du chagrin qu’ils provoquent.

Lasso
Ganesh tient un noeud coulant (pasha) pour capturer l’erreur, l’ennemie des chercheurs de Vérité. Le noeud coulant évoque également l’attachement et la servitude de l’âme.

Crochet 
Son aiguillon ou crochet pour diriger les éléphants est le symbole de son empire sur le monde. Ce crochet peut signifier également la colère. En effet, la colère nous blesse comme le crochet.

Gâteau
Le gâteau de friandise est le plus célèbre des attributs de Ganesh tenu le plus souvent par sa main gauche inférieure. Il s’agit d’un gâteau de riz à gros grumeaux ; la trompe de Ganesh, lorsqu’elle est recourbée vers la gauche est en contact avec cette friandise dont Ganesh raffole. Le modaka, c’est la récompense joyeuse du chercheur de Vérité progressant sur le chemin spirituel. Pour les dévots « Gânapatîya » , les offrandes de modaka représentent les germes de tous les univers contenus dans l’énorme ventre de Ganesh. Enfin, pour le Padma-Purâna, les modaka seraient plutôt le symbole de la sagesse suprême (mahâbuddhi).
 
La défense
La défense cassée connaît plusieurs interprétations. Un mythe raconte que Ganesh l’utilisa pour écrire le Mahâbhârata sous la dictée de Vyasa (figure centrale dans la plupart des traditions hindouistes). C’est la raison pour laquelle on appelle aussi Ganesh Ekadanta – de ek qui signifie une et danta, dent – celui qui n’a qu’une défense.

De plus, dans la main droite du bas, Ganesh tient fréquemment un objet que l’on identifie comme étant sa défense de droite ou de gauche.
Il existe plusieurs légendes pour expliquer comment Ganesh brisa sa défense :

La première légende (dans le Brahmânda-Purâna) se déroule durant la bataille contre Parashurâma. Parashurâma était l’une des incarnations de Vishnu, né sur terre pour enseigner la sagesse aux classes dirigeantes, les Kshatriya, qui étaient devenus arrogants et opprimaient les gens. En tant qu’être humain sur terre, il médita sur Shiva et obtint la hache divine. Celle-ci l’aida dans sa lutte contre tous ces princes dévoyés qui étaient la proie des démons. Profondément reconnaissant envers Shiva, il se rendit alors au Mont Kailash  pour saluer son guide. Ganesh, qui gardait alors l’entrée des appartements de son Père, ne lui permit pas d’y pénétrer, disant qu’il lui fallait attendre la permission de Shiva. Parashurâma pensa : « Je suis un dévot de Shiva, une telle autorisation ne saurait s’appliquer à moi ». Mais Ganesh s’obstinant à lui refuser le passage, Parashurâma, frappa violemment la défense de Ganesh avec sa hache et la brisa. Shiva et Pârvatî apparurent alors et blâmèrent Parashurâma qui se prosterna devant Ganesh pour obtenir son pardon et sa bénédiction. Ganesh fut alors appelé Ekadanta « Celui qui n’a qu’une défense ».

Selon une autre légende, Ganesh brisa lui-même sa défense dans sa lutte contre Gajamukhâsura (l’Asura  à tête d’éléphant). Ce démon avait suivi de sévères austérités sur le conseil de Shukrâchârya, le gourou des Asura; c’est ainsi qu’il avait obtenu les pouvoirs invincibles de Shiva. Il utilisa ces pouvoirs pour tourmenter les dieux qui se précipitèrent alors pour demander de l’aide à Ganesh. Celui-ci n’hésita pas à livrer bataille contre ce démon. Mais au cours du combat, il réalisa que les pouvoirs de ce démon le rendaient invincible. Ganesh brisa alors sa défense droite et la projeta sur Gajamukhâsura, le poursuivant pour le transformer en souris. Il revint alors sur le dos de la souris et en fit sa monture, le gardant ainsi sous son contrôle.

Autre version : Ganesh aurait brisé volontairement sa défense pour remplacer son stylet lors de la dictée du Mahabharata par Vyasa (Ce qui vaut à Ganesh d’être la divinité des études, des gens de lettres et des artistes).

Une autre version raconte qu’un jour, Ganesh reçut de ses fidèles une grande quantité de gâteaux. Très gourmand, il les engloutit aussitôt. Ganesh s’en retourna chez lui juché sur sa monture la souris. Dans la pénombre de la nuit tombante, la souris trébucha sur un serpent. Ganesh tomba à terre. Il avait tant mangé que son estomac trop rempli éclata et les gâteaux se répandirent. Ganesh les ramassa et les replaça dans son ventre béant. En guise de ceinture, il saisit le serpent qui avait provoqué l’incident et le noua autour de sa taille (A noter : le serpent en ceinture représente le contrôle des énergies à partir du chakra Muladhara). En voyant ce spectacle, la Lune, Chandra, éclata de rire. Ganesh, furieux, se sentit offensé par cette moquerie. Il arracha sa défense droite et la projeta à la face de la lune (c’est pourquoi Ganesh est généralement représenté avec la défense droite brisée). En même temps, il lui lança une malédiction afin qu’elle cesse de briller la nuit et qu’elle disparaisse des cieux. A cette époque, dit la légende, la pleine lune brillait toutes les nuits. Dès lors, et en l’absence de Lune, il n’y eut plus ni nuit, ni clair de lune, ni crépuscule. Les jeunes gens amoureux gémissaient et se lamentaient ; les gens âgés ne pouvaient plus dormir, avec le soleil qui désormais brillait même en pleine nuit. Sans la Lune, les dieux trouvèrent la vie dans les cieux aussi insupportable que les humains sur terre. Aussi se précipitèrent-ils chez Ganesh, l’implorant de ramener les choses à la normale. Ganesh accéda à leur demande, mais décida que, la pleine lune ne pourrait plus jamais briller comme avant, chaque nuit. Elle croîtrait et décroîtrait, d’une quinzaine lumineuse à une quinzaine obscure, chacune de ces deux périodes se terminant respectivement par la Pleine Lune et la Nouvelle Lune.

Le Mala
le mâlâ : ou akshamâlâ à 50 graines de rudrakcha, correspond aux 50 lettres de l’alphabet sanscrit et par conséquent, symbolise le son et l’ouïe.

Les autres attributs sont :
Le lotus  à peine ouvert qui représente le but suprême de l’évolution humaine, Le trident, emblème classique du Dieu Shiva père de Ganesh, la grenade, le kamandalu  ou pot à eau lustrale, le luth , l’épis de riz, un livre…

Dans le sud de l’Inde et au Sri Lanka, Ganesh tient parfois un fruit dans sa main, une mangue ou un citron.
L’animal monture ou monture (vâhana) de Ganesh:

La souris (mushaka)  à ses pieds est son véhicule ; elle représente l’ATMAN ou le Soi éternel.

La monture de Ganesh est donc un rat ou une souris située au pied de son Maître, dans une attitude de prière, ou d’attention fervente, ou encore occupé à grignoter quelques restes de nourriture. Elle peut aussi prendre des proportions redoutables au point d’atteindre dans certains cas une taille voisine, voire supérieure à celle du dieu, lorsqu’il la chevauche en amazone ou bien encore à califourchon.

Il y a des faits pratiques qui pourraient expliquer en partie le choix de cet animal en tant que monture. En effet, Ganesh était autrefois un dieu de la moisson, surtout des planteurs de canne à sucre en Inde. Les plus grands ennemis des agriculteurs sont les rongeurs, et à l’époque, seul l’éléphant semblait capable de les détruire en masse en les piétinant sous ses larges pieds. Dans cette posture, l’éléphant apparaît comme un être surhumain qui montre son autorité sur ces animaux nuisibles, tout comme Shiva danse le Tandava (danse de shiva)  sur un démon terrassé.

Par ailleurs, en Inde, le rat représente la ruse, l’astuce et l’omniscience puisque sa taille lui permet de se faufiler partout pour tout observer sans se faire voir. En formant un duo, la force de l’éléphant et la malice du rat s’associent donc pour déjouer les pièges. Ganesh et sa monture peuvent être vus comme deux aspects complémentaires et distincts d’une même puissante volonté.

Le rat symbolise également le désir et l’avidité qui sous l’influence de Ganesh deviennent contrôlés. C’est un animal glouton qui renvoie aussi à l’obésité de Ganesh.

Le paon est la monture occasionnelle de Ganesh, sous sa forme de Mayureshwar (cf la deuxième incarnation de ganesh dans le Ganesha Purana). Le paon est aussi  la monture typique du frère de Ganesh, Skanda
Très exceptionnellement, la monture de Ganesh peut être l’éléphant, comme mentionné dans le Skanda Purâna.

Dans des formes tantriques comme Heramba Ganapati, Simha Ganapati, Pañchamukha Vinâyaka, Vakratunda, la monture de Ganesh est le lion.
 
Dans le cas de Mulâdhâra Ganapati, la monture de Ganesh est un serpent à têtes multiples sur lequel il est assis.

Enfin, le Ganesh Manmatha est représenté accompagné d’un perroquet. Ganesh emprunte là l’animal habituel du Dieu de l’Amour, que l’on nomme aussi Manmatha.

La corpulence de Ganesh
Ganapati est obèse parce que la manifestation tout entière est contenue en lui. Lui-même est contenu dans rien. « il n’y a pas de doute que beaucoup d’univers immenses sont nés dans son ventre » Cité dans bhagavat sattva.

De plus, l’obésité de Ganesh est un signe aux yeux des fidèles que ce Dieu est riche et donc capable de donner.

Les oreilles
Les oreilles de ce dieu ressemblent aux vans des moissonneurs parce qu’il sélectionne les paroles que les hommes lui adressent. Il jette au vent la poussière du vice et de la vertu, et seules les valeurs réelles demeurent.

La trompe
La trompe tordue symbolise le contournement des obstacles ainsi que la voie vers le divin non directe (Danièlou).

Les Mantras
Le mantra ou semence verbale de Ganesh est « Gam » qui représente elle-même Ganesh ou l’union du macrocosme et du microcosme.

Danièlou dit « le mantra ou représentation verbal de ganapati est le monosyllabe Aum prononcé au début de tous les rites. Son sens est exprimé dans la formule sacré « Tat tvam asi » (tu es cela) qui représente l’identité fondamentale du macrocosme et du microcosme ».

La Ganapati Upanishad fournit une description extrêmement détaillée du bîja-mantra de Ganesha, « Gam » concernant sa prononciation. Ce bija-mantra figure également dans le Ganesha Purâna.

Par ailleurs, « Lam » est le bîja-mantra de l’élément terre. Il est donc lié au Mûladhara chakra. « Gam » se rapportant aussi à l’élément terre, on dit que c’est un bîja-mantra de Ganesh. « Glaum » est également un autre bîja-mantra en correspondance avec Ganesh.
Ganesh a pour symbole graphique le svastika.

Le svastika est composé d’une croix qui représente le développement dans le multiple, en partant de l’unité représenté par le point central. Il est un symbole cosmique mettant en scène le mouvement perpétuel de rotation autour d’un point fixe, celui de l’univers qui subit toutes les évolutions, de tous les cycles, de la transcendance. Il représente plusieurs forces positives, comme Ganesh dans l’hindouisme parfois représenté sur un lit de svastikas. En effet, dans la religion hindoue, les deux sens de rotation sont associés à l’activité du dieu Brahma constructeur de l’univers : le svastika proprement dit pointant vers la droite représente la construction, la croissance, alors que celui pointant vers la gauche, appelé sauvastika, représente l’involution, la destruction et symbolise plus fréquemment la nuit, la déesse Kâlî . Inscrit dans un carré à base horizontale, il représente la stabilité, ses branches indiquant les quatre orients. Il peut également être le symbole du dieu solaire Surya. Le svastika pointant vers la droite (dextrogyre), auspicieux et bénéfique, est presque seul représenté et jouit d’une grande popularité. On le retrouve sur des objets non religieux (marque pages des leurs livres de comptes, le seuil de la maisons, portes et offrandes). Le svastika pointant vers la gauche (senestrogyre) , considéré comme néfaste, n’est en général pas employé.

Svastika peut se traduire comme « ce qui apporte la bonne fortune, ce qui porte chance ». Une autre décomposition possible est su « bon » suivi du suffixe -tika « signe », soit « bon signe », lecture reprise par un homonyme indien moderne, « ṣubhtika ». En tout état de cause, le nom est celui d’un signe de bon augure.

Il existe en plus du svastika, un diagramme plus complexe qui est le symbole géométrique ou yantra de Ganesh représenté ci-contre et qui sert pour les rites de son culte.

A noter : en Inde, le VERT est la couleur du dieu Ganesha et le 21 est son chiffre sacré.
4) Le symbolisme de Ganesh et ses attributions

De part sa représentation, Ganesh est un homme, mais son esprit est à l’image du cosmos ; il peut donc par la puissance de la pensée écarter les obstacles de l’ignorance et comprendre la nature de l’univers.

Ganesh incarne la notion que l’homme est l’image de Dieu, lui-même étant symbolisé par la tête de l’éléphant sur un corps d’homme.

Selon Danièlou, Ganapati nous renvoie à l’identité du microcosme et du macrocosme, le concept que l’homme est aussi à l’image du cosmos. Les notions de la divinité de l’homme et le principe du divin doivent être présentes dans notre esprit chaque fois que nous entreprenons quelque chose. C’est pourquoi il est dit que Ganesh doit être sollicité et prié le premier.

A noter également : Ganesh se trouve dans le premier chakra, à la base de la colonne vertébrale ; il est ainsi le Maître de la Kundalini, et des canaux subtils.

Les qualités attribuées à Ganesh, telle que la capacité à écarter les obstacles, sont celles de l’éléphant. Il est en effet capable de balayer de sa masse énorme les obstacles qui entravent sa marche en brisant avec sa trompe branches et racines…et il se fraie ainsi un chemin.

« Je salue le fils de Shiva qui personnifie le Dispensateur de Dons et le Destructeur des Obstacles ». (extrait du Ganapati Upanishad). Expliquant ce passage, Shankarâcharya (premier grand Maître spirituel de l’hindouisme)  dit : « C’est lui qui en donnant l’immortalité fait disparaître la crainte inhérente au temps et à la durée ».
Dans le Skanda et le Mudgala Purâna, se trouvent l’histoire du prince Agréable-à-Tous, Abhinandana qui offrit de grands sacrifices aux dieux mais omit d’inviter Indra, le Roi du Ciel. Ce dernier se mit en colère. Il fit venir le Temps, le Destructeur, et lui demanda de mettre fin au sacrifice. Le Temps prit alors la forme du génie obstruction « Vighnâsura » et tua le prince Agréable-à-Tous. Ce génie erra par la suite dans le monde, parfois visible, parfois invisible, provoquant le désordre dans tous les rites. Ne sachant que faire, les Sages allèrent trouver le créateur Brahmâ pour demander sa protection. Brahmâ leur suggéra de prier le Seigneur des Catégories qui est au-delà du Temps et que lui seul avait le pouvoir de dominer. Vaincu par Ganesh, le génie obstruction se mit sous sa protection et le servit fidèlement. C’est pourquoi Ganesh est aussi appelé Seigneur d’Obstruction (Vighnarâja).

On dit qu’aucun acte, projet, ou action ne peut réussir sans que Ganesh ait été honoré au préalable. Ceci étant valable pour les êtres humains, mais également pour les êtres célestes. A la naissance de son fils, Shiva décréta que Ganesh devrait être invoqué par des prières par quiconque voulant s’assurer du succès de ses entreprises. Même les invocations aux autres divinités n’auraient aucun effet si elles n’étaient pas précédées d’une prière à Ganesh. Ainsi, lorsque Shiva partit pour affronter les démons de la cité de Tripura, il oublia sa propre règle, et se précipita en grande hâte. En montant sur son char, un clou de la roue se brisa et le char fut immobilisé. Shiva réalisa soudain qu’il avait oublié de prier Ganesh, d’où cet incident… Il invoqua alors le nom de son fils et put partir et remporter avec succès la bataille de Tripurâtanka. 
Ganesh joue principalement deux rôles, qui sont complémentaires. Comme on le voit ici, il est en quelque sorte l’intercesseur auprès des autres dieux. D’autre part il représente la force spirituelle par opposition à la force physique, que représente son frère Skanda, l’autre fils de Shiva et de Pârvatî.

Un épisode mythique montre bien leur opposition ; Leurs parents voulurent un jour les « marier », c’est à dire leur donner une Shakti ou encore le pouvoir de se manifester. Shiva voulut les soumettre l’épreuve au préalable afin de savoir lequel des deux aurait la primauté de la manifestation. Il leur demanda à tous deux de faire le « tour de la terre », soit d’embrasser la totalité des manifestations terrestres et de les dominer le plus vite possible.
Skanda s’élança aussitôt à toute vitesse, tandis que Ganesh, sans aucune hâte, se mit à tourner respectueusement autour de ses parents. Comme Shiva lui en demandait la raison, il répondit : « Il est dit dans les Veda que celui qui honore ses parents en tournant sept fois autour d’eux a autant de mérite que celui qui a fait sept fois le tour de la terre ». Il fut ainsi déclaré vainqueur.
Ganesh est un dieu rural, protecteur des moissons et qui a un ascendant sur le rat qui lui est tout dévoué. Il est censé l’empêcher de se multiplier à l’excès et de dévaster les récoltes.
Ganesh est aussi un Dieu protecteur du foyer. Il symbolise une puissance paisible et bienveillante.

Pour Alain Daniélou, Ganapati ou Ganesha est le Seigneur des Catégories, le principe du nombre. Tout ce que nos sens peuvent percevoir, ou notre esprit saisir peut être classé en des genres ou des catégories. Il est donc logique de considérer la catégorie comme un aspect, un principe fondamental de l’existence.
« Tout ce qui peut être compté ou classifié forme une catégorie (Gana)…le mot catégorie représente n’importe quelle collection de choses (Bhagavat Tattva). Le principe de toutes les classifications qui permettent d‘établir des rapports entre les différents ordres de choses, entre le macrocosme (brahmanda) et le microcosme (sukshmanda), est appelé le Seigneur des Catégories (Ganapati) ». Gana désigne aussi l’armée céleste dont Ganesh est le chef. En effet, on peut noter la prééminence de Ganesh sur les Dieux placés hiérarchiquement en dessous de la trimûrti (Brahma, Vishnou et Shiva)
Le Seigneur des Catégories est également le patron des lettres, des écrivains et celui des écoles. Il est ainsi fréquemment invoqué avant le début d’un travail littéraire. Il est le scribe qui transcrivit les livres saints. « C’est toi, Chef des Catégories , qui transcrivis cet ouvrage » (Mahâbhârata). Les brâhmanes le reconnaissent ainsi comme dieu du savoir.
Ses différents noms reflètent bien ses attributions :
Ganapati : seigneur des catégories
Ganesha : souverain des catégories
Vighneshvara : maître des obstacles
Vinayaka : Meilleur des guides
Gajanana : Face d’éléphant
Gajadhipa : roi des éléphants
5) La fête de Ganesh (Ganesh Chaturthi)

L’Inde célèbre Ganesh durant une dizaine de jours. Cette fête a lieu pendant le mois de Badhra ou Bhādrapad, sixième mois du calendrier hindou, qui correspond environ à la période qui va du 20 août au 15 septembre du calendrier grégorien. La fête a été créée par Balgangadhar Tilak dans le but de développer le sentiment nationaliste alors que l’Inde était encore une colonie anglaise. Les festivités les plus importantes se déroulent à Mumbaï et à Madras. Des représentations du dieu de toutes les tailles sont conçues en plâtre, en fibre de noix de coco, et sont couvertes de peinture à l’huile. Les statues sont dessinées souvent 4 mois à l’avance, et leurs réalisations sont confiées à des ateliers de sculpture spécialisés. Elles sont ensuite rapportées dans les maisons où elles sont adorées et priées pendant dix jours.Le Jour J, des centaines de Ganesh sont portés à travers les rues. Chaque association de quartier organise son propre défilé selon ses goûts. En tête des processions, défileront des joueurs de flûte, de tambour, des danseurs et des danseuses portant sur leurs épaules le grand arceau de plumes de paon (kavadi) et sur leurs têtes des pots de terre cuite dans lesquels brûleront du camphre. Tout au long des différents parcours, des noix de coco seront brisées. L’eau de centaines de noix de coco sera ainsi répandue sur la chaussée au passage des chars. Tirés par deux grandes cordes en fibre végétale de vingt mètres chacune, les chars abritent les statues du dieu. Chaque passage d’une représentation de Ganesh est une promesse de prospérité pour les habitants.Le clou de la fête a lieu au moment de l’immersion des statues de plâtre ou  en argile dans un point d’eau (lac, rivière, mer…), avant la tombée de la nuit. Les statues sont rituellement noyées selon la coutume hindoue. Cet acte symbolise le retour de Ganesh au ciel et dans la mer. Il s’agit du rite de visarga.
En France, à Rillieux la Pape, la fête (le 8/09/11 pour la sixième année consécutive) est constituée d’une cérémonie religieuse dans le temple tamoul Vinayaga Peroumar Koil (un locale de 30 m2), suivie d’un défilé comportant le chars portant Ganesh avec musiciens, danseurs qui le précèdent…, d’une cérémonie d’offrandes à Ganesh et enfin d’un repas partagé avec tous les participants du défilé.

Egalement à Paris, dans le 18ème arrondissement organisée par le Temple de Sri Manicka Vinayakar Alayam, la 16ème fête de Ganesh a eu lieu le 28/08/2011.
6) Le rituel à Ganesh : auspicieux pour l’environnement et soi même

Le rituel est une fête pour tous les sens (vue des fleurs, odeur de l’encens, sons des divers instruments, toucher par le mala, saveur du vin), qui touche les niveaux les plus profonds de l’être. Voici un exemple de rituel à Ganesh parmi les nombreux qui existent. La cérémonie commence par un hommage à la lignée puis à Ganesh, kali et Shiva visualisés dans les trois granthi. Le groupe est assis en cercle autour d’un petit autel avec une statuette de Ganesh entourée de quatre bougies avec de l’encens, des fleurs et autres offrandes. Chaque participant doit avoir son mala pour répéter 108 fois les mantras. Chacun a aussi un instrument de musique ; les participants joueront en effet tous  ensemble durant une des phases du rituel. Il peut y avoir du vin dans un bol qui tournera lors de la cérémonie. Chacun sera ensuite amené à dessiner le svastica sur un morceau de papier et à s’asseoir dessus pour le relier au muladhara chakra où Ganesh sera visualisé avec le mantra om shri ganeshaya nama. Sa représentation grandira au rythme des souffles jusqu’à englober le corps comme pour prendre contact avec cette divinité et son énergie positive.  Le bija Gam sera répété à maintes reprises (à voix haute ou chuchoté) et pourra tourner dans le cercle des participants transmis par le regard et la parole pour faire monter l’énergie. Chaque participant fera deux offrandes, offrande du feu et offrande de sucreries dont Ganesh raffole. 

Le mantra om shri Ganapati gam gam gam gam sera également répété en cœur avec une visualisation particulière sur le muladhara chakra. Chaque participant pourra également faire un souhait mentalement car Ganesh est réputé pour exaucer les souhaits. Après un temps de silence, le rituel se terminera par un nouvel hommage à la lignée et sera suivi d’un festin joyeux.
7) Lien avec le yoga

Il faut noter que nous retrouvons Ganesh au niveau de la représentation des chakras qui sont visualisés lors de nombreuses pratiques. En effet, Le véhicule du Bijà LAM du chakra muladhara est l’éléphant Airavatta. La peau de cet éléphant est gris clair, soit la couleur des nuages. Les sept trompes d’Airavatta forment un arc-en-ciel de sept couleurs. Airavatta symbolise la masse et la stabilité caractérisant les manifestations de l’élément terre.

Le véhicule du Bijà HAM du chakra vishudda est aussi un  éléphant mais blanc celui là.  On peut voir en lui la transformation de celui qui dans le Mulâdhara, est relié à l’élément terre. Ganesh se trouve ainsi aux deux extrémités de la conscience manifestée, physiquement dans la terre et subtilisée dans l’éther.

Ganesh n’a pas de asana attitrée mais fait plutôt l’objet d’exercices de concentration ou de visualisation reliés aux chakras de la base et de la gorge.

Nathalie Subirado

Mémoire 2ème année de formation – 25/10/2011

Bibliographie / sources

Le polythéisme hindou de Alain Danièlou
Pour comprendre l’hindouisme de Jean-christophe Demariaux
L’hindouisme de Giuliano Boccali et Cinzia Pieruccini
Dictionnaire de l’hindouisme de Jean Varenne
Ganesha, the auspicious…the beginning de Shakunthala Jagannathan et Nanditha Krishna
Site http://ganapati.perso.neuf.fr/
Magazine GEO de 2007
Site du temple de Paris (Temple de Sri Manicka Vinayakar Alayam) (18ème arrt)