L’amour de soi

L’amour de soi en questionnement !
Il ne coule pas de source et nous verrons pourquoi. Nous rechercherons ce qu’est vraiment « s’aimer » et ce qui ne l’est pas pour ensuite étudier comment développer en nous cet amour sain et libérateur.

L’amour de soi

L’amour de soi devrait couler de source et pourtant à bien y regarder, on s’aperçoit que cela ne va pas de soi. Pourquoi ? Qu’est ce que s’aimer ? À quoi cela sert-il ? Est-il vraiment nécessaire ? Comment développer l’amour de soi ?

Pourquoi l’amour de soi ne coule-t-il pas de source ?

D’une part, il semblerait que l’amour de soi se construise dès les 1ères relations à travers le regard qui est porté sur nous et des interprétations que l’on en fait, par ceux dont on dépend. Rare sont ceux qui grandissent dans une famille où l’environnement est pleinement à l’écoute de leurs besoins et les aide à se reconnaître, à se respecter, car l’éducation est une affaire de mimétisme, de croyances que l’on retransmet bien souvent sans jamais les avoir remises en question. Les conditionnements se perpétuent ainsi de génération en génération, conditionnements collectifs liés à la culture dans laquelle on vit et conditionnements personnels liés aux expériences de vie de chacun. Sans remise en question de ces conditionnements, il y a répétition.

D’autre part, nous avons accepté de la religion chrétienne la croyance que les autres devraient passer avant nous par peur d’être égoïste ou narcissique, mais est-ce justifié ? Jésus a t-il vraiment voulu dire cela dans ces enseignements ? De nos jours, beaucoup pensent que s’aimer soi-même est la condition sine quoi non pour aimer autrui. En effet, comment pourrions-nous être indulgents, compréhensifs ou encore tolérants avec quelqu’un si nous ne le sommes pas avec nous-même ? ll faut avoir expérimenté sur nous pour connaitre la saveur de l’indulgence, de son effet avant de pouvoir l’octroyer à autrui.
« Si vous n’êtes pas heureux seul, vous ne serez jamais heureux à deux. Le Bonheur vient de l’intérieur, pas des autres ».
« S’aimer soi-même c’est l’assurance d’une longue histoire d’amour » Oscar Wilde

Qu’est-ce que s’aimer ?

La question n’est pas si évidente que cela, bien souvent elle demande réflexion, car s’aimer prend plusieurs couleurs et se situe à plusieurs niveaux.
C’est se reconnaitre une certaine valeur,
Se ménager,
Protéger son territoire intime,
Sa santé physique et psychique,
Connaitre ses intérêts réels, ses besoins et chercher à y répondre,
C’est s’estimer,
Se respecter et se faire respecter,
Être capable de se rassurer et de se réconforter,
Se donner le droit d’être humain avec ces imperfections, ces limites,
Se permettre d’être différent sans chercher à se changer pour faire plaisir aux autres,
Savoir que nous avons des blessures non guéries et les accepter, vivre avec nos cicatrices,
C’est aimer ce que l’on est et accepter nos limites et les différences de ce que l’on aurait aimé être.
L’amour de soi permet d’éprouver du plaisir, de la joie de vivre, de trouver du charme à la vie, participe à l’équilibre intérieur et à un certain bien-être. Notre image structure notre comportement. En effet, l’amour de soi se manifeste dans nos actes et notre vécu intérieur, notre ressenti. Notre image est fondamentale pour structurer notre comportement et à travers lui, notre rapport aux autres.
Nous savons que la vision que l’on a de nous-même n’est qu’une construction de notre esprit. L’image que l’on a de soi que ce soit au niveau de son physique ou de ces capacités intellectuelles ou relationnelles, est définie par le rapport entre l’image qu’on perçoit de soi-même et l’image d’un soi perçu comme idéal.
Il semblerait aussi qu’il y ait une différences de critères d’appréciation de soi entre les hommes et les femmes. Les hommes semblent s’aimer à travers leurs réussites professionnelles ou activités physiques alors que les femmes ont viscéralement besoin de voir leur entourage reconnaître leurs qualités personnelles.
S’aimer soi-même permet de ne pas se soucier que de soi ni de se déresponsabiliser face à autrui avec des considérations du style « on me prend comme je suis, sinon adieu ». Ainsi l’amour de soi permet de s’adapter aux besoins d’autrui sans s’y aliéner et avec l’aptitude à se transformer pour se rapprocher d’une vie harmonieuse en respect avec soi et le monde.

Ne pas s’aimer conduit :
à de l’autoagressivité évidente ou masquée,
au manque de respect de sa propre personne,
à penser ne pas mériter mieux,
ne pas se prendre en main,
ne pas se ménager,
ne pas s’occuper de soi,
s’arranger pour se construire une existence sans plaisir,
à douter sur son droit d’exister,
à développer de la dépendance affective alors que notre soif d’amour ne pourra jamais être prise en charge par quelqu’un d’extérieur à nous, car cela reviendrait à demander à l’autre de remplir un puits sans fond. Nous devons prendre la responsabilité de remettre un fond à notre puits en nous aimant malgré nos défauts et en nous acceptant tel que nous sommes.
À favoriser les jeux psychologiques sauveur-victime-bourreau (le triangle Karpman). Les besoins et les valeurs de la personne qui souffre ne sont alors pas respectés.

Selon Lise Bourbeau l’estime de soi est la résultante de 3 composantes :
la confiance en soi, permet une aptitude à faire, à agir,
l’image de soi permet de structurer notre comportement,
l’amour de soi permet d’accepter nos failles, nos défauts avec indulgence. S’il y a absence d’estime de soi il y aura doute perpétuel, une difficulté à se donner le droit de s’affirmer et à être heureux.

Comment développer l’amour de soi ?

Voici quelques pistes :
Savoir reconnaître son potentiel et ses qualités pour avancer, ses forces, sa valeur, ses talents, ses points forts, ses prédispositions. À quel moment votre valeur est-elle reconnue ? Quels préjugés sur vous-même nourrissez-vous ? Lister vos succès, réussites, ce que vous savez faire ou aimez faire.
Entrer en mouvement pour augmenter la confiance en soi en accomplissant des petites actions qui réussite après réussite vont modifier peu à peu la confiance que vous aviez envers vous. Que faites vous aujourd’hui pour avancer vers votre objectif ? Ne vous contentez pas que d’essayer.
« La seule chose que l’on est sûr de ne pas réussir est celle que l’on ne tente pas » P. E. Victor.
Repérer les facteurs qui diminuent l’amour de soi et mettre en place des actions pour lutter contre ces facteurs.
S’entourer de personnes qui mettent l’accent sur le bien-être qu’elles ressentent à vos côtés.
Rester vigilant à ne pas devenir narcissique ou égoïste.
Être égoïste signifie vouloir prendre quelque chose qui ne nous appartient pas de quelqu’un d’autre pour satisfaire nos propres désirs ou caprices.
Être narcissique se manifeste par un besoin excessif d’être admiré, et par un manque d’empathie. L’individu accorde une importance excessive à sa propre personne et passe son temps à se contempler, à chercher à se faire aimer.
L’amour de soi s’est être à l’écoute de ses propres besoins. Si vous dites ou faites par peur d’être égoiste, vous n’agissez pas par amour pour vous même, mais par peur qui engendrera ensuite de la colère envers vous même. Agir par amour plutôt que par peur.
Reprendre la responsabilité de sa vie.
Si vous avez l’impression d’être une victime, vous n’avez pas une bonne estime de vous même, mais plutôt voir qu’est ce que cette situation vous a permis de comprendre, d’apprendre ?
Une personne ayant un déficit de l’estime de soi ou de confiance en soi est à l’affût de l’avis des autres, et agit pour ne pas déplaire.
L’amour de soi est donc fondamental dans la vie, il est le nectar qui donne sens à notre existence, sans lui, la vie semble être vécue comme un survivant qui erre au gré des compliments, à l’affût des reconnaissances sans autonomie, ni indépendance, sans but et soumis. Sans amour de soi, on ne peut rencontrer le divin, puisque ne pas s’aimer reviendrait à nier l’existence du divin en nous et nier son essence, c’est comme manquer le but de l’existence humaine et nourrir les voiles de l’illusion du mental !
Ne pas s’aimer c’est rester en quelque sorte dans la dualité qu’engendre l’illusion : « je suis le corps » ce petit moi, alors que s’aimer revient à cette quête du Soi, la quête du Graal, la recherche de la Source. Nous ne sommes pas la goutte d’eau, mais l’Océan ! C’est vers cette unité que le yoga nous guide.
Il faut de l’amour de soi pour se mettre sur son tapis de yoga et pratiquer encore et encore pour épurer la conscience de tous ces conditionnements.
Il faut de l’amour de soi pour sortir du troupeau et prendre des décisions qui ne sont pas toujours comprises par l’entourage sur la façon de s’alimenter, de pratiquer, de vivre, le détachement qui peu à peu s’installe sur ce qui semble tellement important à la majorité du monde.
Il faut de l’amour de soi pour accepter la délicieuse douleur de la posture et descendre en soi avec bienveillance et accepter ces difficultés ressenties, ces limites, et ne plus donner raison à ce mental omniprésent.
Il faut de l’amour de soi pour s’abandonner au lâcher-prise dans l’inconnu, avoir la foi pour aller dans ce qui nous semble le néant, vide et pourtant plein, mais effrayant, car l’Ego demande toujours à être rassuré. Accepter d’aller sur le chemin le moins fréquenté demande courage, persévérance et un véritable « kung fu » (travail) pour avancer pas à pas vers la libération.
Ce vers quoi tend le chercheur spirituel, n’est-ce pas au final le développement de l’amour de soi pour accepter l’amour d’autrui de façon inconditionnelle ? Se dépouiller de tout ce qui limite cet amour pour aimer ce qui est et sortir de la dualité, n’est-ce pas le but de l’existence humaine finalement ?
Alors oeuvrons dans ce sens, soyons les explorateurs de nous-même !

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